Tag Archives: Paris

[J’y étais] Les Tindersticks à la Philharmonie de Paris

25 Fév

C’est une Philharmonie fraîchement inaugurée (bien que pas tout à fait terminée), qui recevait le groupe britannique les Tindersticks le 10 février 2015, pour un tout premier concert non classique dans cette salle.

Philharmonie de Paris

Philharmonie de Paris

Au premier abord, la découverte de cette grande salle dédiée à la musique classique est impressionnante : toute en courbes et en balcons, elle peut accueillir jusqu’à 2400 spectateurs assis, et ce soir le concert se joue à guichet fermé. Et pourtant, malgré ce sentiment d’être un peu perdu dans l’immensité du lieu, la visibilité est plutôt bonne même sur les balcons élevés.

20h40, les lumières s’éteignent. Stuart Staples et ses musiciens arrivent sur scène. L’homme lance un léger « Good evening », visiblement intimidé par la foule présente ce soir devant lui. Les premières notes du concert me rassurent définitivement quant à cette salle : j’ai, en effet, plutôt l’habitude de fréquenter des endroits plus intimistes. L’acoustique est absolument parfaite et met parfaitement en valeur la musique sombre, douce et raffinée du groupe. La voix de Stuart Staples, d’une suavité et d’une sensualité magnifique, enveloppe délicatement l’auditoire dans un nuage de velours, un peu comme si le chanteur nous murmurait à l’oreille. Chaque son, chaque note, chaque souffle de Stuart sonne de manière claire et limpide. Le groupe dégage une classe folle, et Stuart Staple a une véritable présence malgré son calme et sa retenue.

L’émotion est palpable, provoquant frissons et sourires conquis dans une ambiance quasi religieuse, proche du recueillement. Le public est silencieux, peut-être à cause de la configuration des lieux et du fait que le concert soit assis.

Après une première partie à 6 musiciens, un quatuor à cordes rejoint le groupe pour un rappel sublimé par les violons. Une deuxième partie très envolée, qui se terminera sur un troisième rappel.

Le concert se termine de manière un peu abrupte : les lumières sont rallumées beaucoup trop brutalement, ne laissant pas le temps de redescendre du petit nuage sur lequel je me suis installée pendant cette heure trente riche en beauté et en émotions… un peu dommage. Mais malgré ce petit bémol, la soirée fut magique, et ma découverte de ce groupe en live un merveilleux moment.

Setlist :

Keep You Beautiful
Second Chance Man
Medicine
Dying Slowly
Johnny Guitar
(Peggy Lee cover)
Into the Night
(Julee Cruise cover)
Boobar Come Back to Me
Come Feel the Sun
A Night So Still
The Other Side of the World
Drunk Tank
Piano Song
Factory Girls
Encore:
Hushabye Mountain
She’s Gone
(Aborted)
Sometimes It Hurts
My Oblivion
Trouble Every Day
She’s Gone
Encore 2:
All the Love

Ce moment magique et unique, vous pourrez le (re)voir sur le site d’Arte qui diffuse de manière simultanée les concerts joués…

Tindersticks

 

…et aussi emprunter les albums des Tindersticks à la Médiathèque de Levallois.

Bonus :

Le lendemain, c’est The Divine Comedy qui a investi les lieux. Le concert à voir ici :

Divine Comedy

Nath N.

Publicités

Kraftwerk : des robots chez Vuitton !

7 Nov

La Fondation Louis Vuitton pour l’art contemporain va accueillir pour huit concerts exceptionnels du 6 au 13 novembre 2014 le groupe allemand Kraftwerk, considéré comme le fondateur de la musique électronique.

Le fil rouge de cette série de concerts est d’interpréter chaque soir un de leur album dans son intégralité.

Une œuvre d’art à eux seuls

Kraftwerk est l’un des rares groupes qui a acquis un statut universel de par son influence et la révolution musicale qu’il a engendré. C’est donc un choix judicieux que d’organiser une performance musicale avec eux dans ce nouveau temple de l’art contemporain. Le travail de ces quatre Allemands est devenu au cours des décennies une œuvre d’art reconnue qui attire de plus en plus de fans dans tous les milieux.

Une musique luxueuse

Vuitton, le chantre du luxe à la française, ouvre ses portes à ces artisans du son qui cisèlent leurs compositions tels les plus grands génies des Arts.

Le groupe se fait rare sur scène, rendant chacune de leurs prestations un moment unique, éphémère comme peut l’être une exposition. Même s’il n’a pas sorti d’album depuis plusieurs années et l’arrivée de deux nouveaux membres, Kraftwerk a su évoluer en intégrant sur scène de l’art visuel via des écrans 3D et des mises en scènes sophistiquées, cassant l’image froide et aseptisée qu’ils s’étaient forgé à l’époque du titre Robots. Leurs détracteurs leur reprocheront d’avoir su entretenir leur légende en devenant une sorte de marque exclusive à l’image imperméable digne de celle du marché de l’art contemporain.

C’est toujours avec une grande curiosité pour ne pas écrire fébrilité que le public d’amateurs éclairés qui a réussi à se procurer le précieux sésame va assister chacun de ces soirs à une nouvelle étape dans la création de cette œuvre d’art vivante qu’est devenu Kraftwerk.

 

[J’y étais] Swans à la Maroquinerie, Paris

28 Oct
Dès l’entrée on est prévenu… ça va jouer fort…. très fort. L’avertissement est placardé sur la porte d’entrée de la salle et des bouchons d’oreilles étaient distribués lors du contrôle des billets.
Photo Nath N.

Photo Nath N.

Le groupe a la réputation de jouer très fort et manifestement les organisateurs de l’événement ont pris toutes les précautions possibles pour éviter que le public ne ressorte complètement sourd.

Swans

C’est dans une Maroquinerie pleine comme un oeuf que va se dérouler les concerts des Swans, qui jouent les deux soirs à guichets fermés.

Swans, est un groupe de rock bruyant, bruitiste, expérimental formé en 1982. Séparés en 1997 et reformés en 2010, ils sortent en 2014 ce formidable album qu’est To be Kind. Swans c’est surtout son leader :  Michael Gira, autour duquel le groupe se forme et se reforme.

Je ne connaissais pas ce groupe avant de tomber tout à fait par hasard sur leur dernier album To be kind. A la première écoute j’ai ressenti un choc. Le genre de sentiment qui ne trompe pas (je suis face à un grand disque) et qui nécessite d’approfondir la découverte en allant voir le groupe sur scène. Renseignements pris, il paraîtrait que les concerts de Swans soient des moments puissants dont on a du mal à se remettre. Je n’hésite plus et prend ma place.

C’est donc dans une salle comble, et sous une chaleur moite et accablante que je vois  passer juste devant moi l’impressionnant et charismatique Michael Gira. L’homme aux longs cheveux gris est tout de noir vêtu, coiffé d’un grand chapeau.

Le concert commence par un long morceau de 40 minutes. Tout de suite je suis saisie, non seulement par l’intensité sonore (effectivement sans bouchons d’oreilles c’est quasiment du suicide) mais aussi par la force des ces morceaux qui s’écoutent dans une ambiance de ferveur quasi religieuse. Un coup d’oeil au public suffit pour remarquer qu’il est proche de la transe : les regards sont hagards, l’ambiance est vraiment digne d’une messe.

 

Durant près de deux heures trente, j’oscille entre souffrance et béatitude absolue.  Les morceaux déjà longs, semblent s’étirer à l’infini. L’expérience est incroyable. La musique est tellement forte que tout l’environnement tremble. Le corps se raidit comme une corde trop tendue. L’esprit est perdu, affolé dans ce déferlement sonique et dans la chaleur de plus en plus suffocante.

Lâcher prise… c’est indispensable pour saisir toute la force de cette musique et rentrer dans ce mur du son.

On sort de là la tête  à l’envers, avec le sentiment d’avoir assisté à un spectacle absolument unique. Grandiose mais éprouvant, c’est littéralement lessivée que je quitte les lieux pour sortir respirer un peu d’air frais. Sortir de cette salle est une délivrance. Mais sur le chemin qui me conduit au métro, dans cette nuit douce de septembre, je me dit que je suis prête malgré tout à renouveler l’expérience. Et vite.

Swans-To-Be-Kind

Setlist

Frankie M

A Little God In My Hands

The Apostate

Just A Little Boy

Don’t Go

Bring the Sun / Black Hole Man 

 

Nath N.

%d blogueurs aiment cette page :