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Mes coups de cœur de musiques asiatiques contemporaines

27 Mai

Vous connaissez sûrement les célèbres groupes de Kpop qui font tant parler d’eux ces derniers temps, notamment BTS ? Mais il existe bien plus d’artistes moins connus et qui valent la peine d’être découverts. Je vais vous présenter ici ma sélection de coups de cœur d’artistes de pop asiatique, divisés dans ces 4 catégories : la Qpop, la Jpop, la Cpop et Mandopop, et la Kpop !

  • La Qpop, pour Qazak pop, est beaucoup inspiré de la Kpop (Korean pop) et est né très récemment. J’ai découvert ce genre par hasard, et je ne regrette pas d’avoir passé 5 minutes à le découvrir !

Le groupe fondateur de la Qpop est un groupe de 4 membres, Ninetyone, qui a débuté en 2015.

  • Ils a été vite suivi par Madmen, groupe de 5 membres masculins qui débute en 2017. Il s’agit également du deuxième groupe le Qpop le plus populaire, après Ninetyone.

  • Et pour terminer avec la Qpop, voici mon coup de cœur de girlsband, j’ai nommé Crystal ! Ce groupe a fait ses débuts en 2017, mais les 5 jeunes femmes se sont séparées en 2021

  • Voici maintenant deux artistes japonais que j’ai découvert il y a maintenant quelques années. Il s’agit d’un guitariste et chanteur de rock, Miyavi, qui chante très souvent uniquement en anglais, ainsi qu’un chanteur de pop qui a débuté à seulement 9 ans, Daichi Miura. Ces deux artistes ont collaboré sur le titre Dancing with my finger.

三浦大知 Daichi Miura Drama

MIYAVIHorizon est mon coup de cœur parmi les chansons de cet artiste

  • BoA est une autrice compositrice sud-coréenne, qui fait aussi de la Jpop. C’est d’ailleurs grâce à l’une de ses chansons japonaises  Masayume chasing que j’ai découvert cette artiste.

  • Bien que ce soit un chanteur plutôt connu car ancien membre du groupe EXO, Huang Zitao reste l’un de mes chanteurs chinois préféré. C’est un chanteur rappeur compositeur et acteur chinois que j’ai découvert dans les séries dans lesquelles il a joué. Après avoir quitté le groupe, il crée son propre label Huang Z.Tao Studio. Il pratique également les arts martiaux, notamment le Wushu et a remporté de nombreux prix. Il utilise cette compétence dans ses chorégraphies.

  • Rappeuse chinoise qui a débuté en 2014, Vava (de son vrai nom Mao YanQi) est une artiste de 26 ans qui débute sa carrière à l’âge de 16 ans mais que j’ai découverte seulement l’année dernière.

Alors que je cherchais une chanson chinoise ni trop traditionnelle ni trop moderne, je suis tombé sur My New Swag. J’ai tout de suite été séduite par le combo musique traditionnelle et moderne de ce titre, qui a d’ailleurs eu un succès international.

  • Enfin, voici un coup de cœur de mandopop (pop chanté en mandarin), un duo qui a secoué la Chine et pour cause ! Ce duo est composé du rappeur Namewee et de la chanteuse Kimberley Chen. Ils ont été censurés et bloqués sur les réseaux sociaux en Chine pour leur chanson Fragile, dénonçant notamment le régime autoritaire. Alors que ce genre de contenu peut détruire une carrière en Chine, ces deux artistes n’en ont pas pris compte. La jeune chanteuse ayant d’autres comptes ailleurs, elle n’a pas été dérangé d’avoir son compte Weibo bloqué (équivalant de YouTube en chine) et le rappeur a annoncé « Je ne me pose jamais de limite et ne m’impose aucune autocensure ». Leur titre est devenu viral, avec plus de 30 millions de vues en quelques jours, occupant ainsi la première place des tendances musicales de Hong Kong, Taiwan et Singapour.

NOIRna haeun

  • Pour finir, voici mes coups de cœurs coréens, avec pour commencer un groupe rempli de talents tant en musique qu’en danse et à mon avis ils sont trop peu connus. Je vous fais donc découvrir NOIR. C’est un groupe de 9 garçons, qui a fait ses débuts en avril 2018 avec l’album Twenty’s Noir.

Enfin, une adorable idole, qui a débuté à l’âge de 9 ans, avec son titre So spécial. Mais contrairement aux autres idoles, elle garde sa vie d’enfant, sans entrainement ou emploi du temps difficile.

Na Haeun est une jeune YouTubeuse et modèle sud-coréenne, également connue pour son talent en danse. Elle a notamment dansé avec de nombreux groupes de Kpop et participé à de nombreuses émissions. Elle est apparue pour la première fois dans une émission à l’âge de 4 ans, où elle a dansé sur une chanson de Huyna.

Il existe évidemment beaucoup d’autres artistes, et genres, comme la Vpop, Tpop, Krap etc. À vous d’en découvrir plus, et de trouver ceux qui vous plaisent le plus.

Merci à notre stagiaire Nesserine pour nous avoir proposé cet article.

La chanson du lundi : The First Disciple / Tamino

23 Mai

Le chanteur et musicien belgo-égyptien Tamino − de son vrai nom Tamino-Amir Moharam Fouad − sortait en 2018 un très bel album, Amir (nouvelle fenêtre), où l’on pouvait reconnaître toutes ses influences, de son Égypte natale à l’Europe qui, elle, l’a vu naître en tant qu’artiste. Il fait aujourd’hui un retour très maîtrisé et nous envoûte durant six minutes avec un titre, The First Disciple, annonçant son deuxième disque.

Son premier album révélait un musicien qui, malgré son jeune âge, semblait pleinement formé et confiant dans son art, et délivrait un disque d’une grande profondeur, à l’ambiance feutrée, orchestré de manière exquise et livré avec l’assurance de sa voix captivante.

Le succès critique en guise d’accomplissement, Tamino signe donc son grand retour avec The First Disciple, où le passé, le présent et l’avenir s’entremêlent dans un entrepôt abandonné de la banlieue d’Anvers. Sur ce nouveau morceau, l’artiste a travaillé avec les producteurs belges PJ Maertens et Jo Francken, et s’est également entouré pour l’occasion de son collaborateur et ami de longue date Colin Greenwood (Radiohead), à la basse, et Ruben Vanhoutte à la batterie. Il s’empare quant à lui, du oud familial (nouvelle fenêtre) pour nous livrer un nouvel aperçu de la fragilité intense et émotionnelle qui guide son art.

Son titre est à écouter sur musicMe via La Médiathèque en ligne (nouvelle fenêtre)

Un retour fascinant pour un artiste qui l’est tout autant, et qui ajoute avec The First Disciple une nouvelle pierre au voyage entamé il y a quelques années. “You won’t remember me” chante t-il ici, voilà qui serait étonnant 😉

On vous laisse en profiter !

La chanson du lundi : Stefania / Kalush Orchestra

16 Mai

Ô surprise, la gagnante de l’Eurovision cette année est… l’Ukraine !

Pour ceux qui doutait que l’Eurovision était seulement un simple concours de chansons, les voila fixés. Ce télé crochet mondial est encore une fois devenu une tribune politique avec en plus un gagnant désigné par avance. On a failli croire à une victoire possible de l’Angleterre mais le vote du public a radicalement remis les pendules à l’heure de Kiev, établissant même un nouveau record avec 439 points attribués pour un total de 631 points. Les artistes et le monde de la musique ont ainsi souhaité établir un véritable rapport de force et montrer la puissance que peut avoir une telle cérémonie musicale face à un conflit armé.

Cela n’enlève rien à la qualité de la chanson Stefania ni à l’interprétation du groupe Kalush Orchestra. Il faut savoir que ce groupe n’était arrivé seulement qu’en deuxième position lors des sélections en Ukraine. Mais plusieurs polémiques, une panne informatique lors du décompte des votes et des problèmes de papiers falsifiés pour la chanteuse Alina Pash arrivée en tête ont rendu cette sélection invalide et Kalush Orchestra s’est vu désigné pour représenter l’Ukraine. 

Stefania est le prénom de la maman du chanteur de Kalush Orchestra, Oleh Psiouk. Les paroles chantées en ukrainien sont inspirées par l’identité culturelle ukrainienne et sont particulièrement nostalgiques. La chanson a été écrite avant le début du conflit mais ses paroles résonnent encore plus fort aujourd’hui, notamment avec la phrase « Je reviendrai toujours vers toi, sur les routes détruites ». La musique est un mélange de rap moderne et de chants folkloriques. Cela nous interroge sur le résultat du groupe français Alvan et Ahez, classé avant dernier, avec leur mix folklore breton électro.

C’est la troisième fois que l’Ukraine gagne l’Eurovision, la logique veut que le pays gagnant organise la cérémonie l’année suivante. Le Président Zelensky a déclaré vouloir recevoir l’Eurovision dans une Marioupol paisible et libérée. Espérons qu’il puisse le faire.

En attendant, le blog Déclic Musique vous propose de revivre la prestation du Kalush Orchestra.

La chanson du lundi : Blame / Gabriels

11 Avr

Si vous étiez passé à côté de Gabriels, cette formation à l’univers envoûtant, au son sensuel autant que spirituel, nous vous offrons ici une petite session de rattrapage musical avec leur délicieux titre “Blame”. 

Ce trio américain né en 2016 à Los Angeles est porté par la voix bluffante de Jacob Lusk, chanteur de Gospel émérite passé par l’émission American Idol (La Nouvelle Star française) en 2010 et directeur de chorale accompli qui a notamment travaillé avec Diana Ross et Beck. Le réalisateur Ryan Hope et le compositeur de musique de film Ari Balouzian, sont les artisans du son si particulier, faite de mélodies et d’arrangements somptueux, de ce groupe qui mêlent soul, gospel et pop moderne.

Après un premier EP sorti il y a deux ans, Love And Hate In A Different Time, Gabriels nous enchante de nouveau avec le second, Bloodline, fin 2021.

Pochette de l’EP Bloodline

Second titre de cet EP qui en compte quatre, l’élégant et gracieux “Blame” se place dans la continuité musicale entamée par Gabriels, permettant au groupe de construire un peu plus son identité sur des fondations déjà bien solides. Explorant le passé tout en gardant un pied dans l’avenir, les sensibilités soul et R&B vintage se mêlent aux espaces les plus chaleureux de la musique électronique ainsi qu’aux expérimentations de la pop alternative contemporaine. « Blame” est un morceau qui s’offre comme un véritable écrin pour la voix sensible et délicate de Jacob Lusk et accentue les qualités cinématographiques de la production de Hope et Balouzian. Dans la lignée des grands artistes soul du passé comme Nina Simone et Marvin Gaye, les membres de Gabriels, ambitieux et perfectionnistes, font en sorte d’intégrer du sens à leur musique, lui donnant une dimension encore plus humaine et mettant en premier plan le respect le plus pur qu’ils entretiennent pour leur art.

Voici la chanson, interprétée en live dans les loges de l’émission Taratata sur France 2 :

L’une des pépites du groupe, à écouter quand vous le souhaitez sur musicMe, à partir de La Médiathèque en ligne (nouvelle fenêtre)

La chanson du lundi : What Have I done / Anna Ternheim

28 Mar

What Have I Done est le morceau d’ouverture du quatrième album de la chanteuse suédoise Anna Ternheim. Porté par une ligne de basse entêtante, quelques percussions et des cordes sublimes, il accueille à merveille la voix de l’artiste. Une combinaison que l’on retrouve sur l’ensemble de l’album, avec une instrumentation relativement sobre (basse/batterie) qui va simplement à l’essentiel. Ce dernier n’en est pas moins élaboré et c’est là que les qualités de compositrice d’Anna Ternheim s’imposent. Le titre évoque l’espoir d’un amour réciproque. En explorant les strates du sentiment amoureux, la chanteuse nous fait voyager au-delà des grandes vérités. Une âme d’artiste touchante et vibrante, alors n’hésitez pas à aller découvrir son univers singulier sur le site de La Médiathèque de Levallois (nouvelle fenêtre) en vous connectant à l’aide de vos identifiants.

A écouter à La Médiathèque :

La chanson du lundi : Itsumo Nando Demo / Pomme

31 Jan

Une chanson du soleil levant interprétée à merveille par la délicieuse Pomme…

Claire Pommet se fait appeler Pomme lorsqu’elle chante. Cette jeune femme de 25 ans remporte la victoire de la Musique artiste féminine en 2021 après avoir été révélée lors de la même cérémonie l’année précédente. Après deux albums intitulés A peu près en 2017, puis Les failles en 2019, elle enregistre cette splendide chanson tirée de l’animé japonais Le voyage de Chihiro (nouvelle fenêtre).

Après un voyage au Japon en 2018 elle revient fascinée par ce pays. A son retour elle prend des cours de japonais, persévère et travaille la mémorisation de cette chanson. Plaisir de chanter dans cette langue et hommage à Hayao Miyazaki auteur de ce film qu’elle aime par dessus tout.

A l’origine, la chanteuse Yumi Kimura (nouvelle fenêtre) interprète la chanson du film sorti en 2001.

Ce magnifique film est disponible sur la plateforme ARTE VOD Univers ciné sur le site de La Médiathèque de Levallois :

Ma sélection Philharmonie-à-la-demande janvier 2022

28 Jan

De très belles choses à voir et entendre sur le site de la Philharmonie (nouvelle fenêtre) notre partenaire. Voyez seulement :

Sebastião Salgado, les musiques de mes photographies

Le photographe Sebastião Salgado nous parle de son Brésil d’avant, quand avec son père éleveur il traversait des centaines de kilomètres avec ses bêtes pour aller les vendre à l’abattoir. Jusqu’à ses études dans la grande ville de Victoria, et le mariage avec sa femme Lelia, l’exil… et de toutes les musiques et instruments qui ont accompagné sa jeunesse, musiques populaires des différentes régions brésiliennes, musique classique. Il chante même, avec sa voix pas mal du tout, bien au contraire!

Concert Bach Händel par Raphaël Pichon et Sabine Devielhe

Raphaël Pichon est l’un des meilleurs chefs interprètes de Bach du moment. Il faut dire qu’il l’a chanté petit, il l’a dans la peau! Avec sa partenaire en musique et son épouse dans la vie, Sabine Devieilhe, ils ont choisi les pièces qui les émeuvent le plus pour un album dont ils chantent ici le programme.

Pregardien Père et fils

Les touchants Pregardien père et fils, Christoph et Julian, tous deux ténors, chantent des pièces dont le fil conducteur est justement la paternité. Le roi des aulnes, Le père et son enfant, de Schubert ou Beethoven par exemple.

Gilberto Gil e tribu

Lors de leur tournée en Europe plusieurs fois reportée, le vénérable ex-ministre de la culture Gilberto Gil avec ses fils et sa petite fille ont honoré la grande salle Boulez d’un concert habité, chaleureux et participatif!

Gaetano Veloso

Gaetano Veloso pour son dernier album O meu coco chante dans l’énorme salle Boulez en solo et en acoustique, une performance, le public ne voit pas le temps passer.

Bachar Mar-Khalifé & Bojan Z

Bachar Mar-Khalifé et Bojan Z, lors du Jazz à La Villette, donnent un concert de jazz en duo de pianos combinant les modes orientaux et occidentaux, modulé du chant de Lynn Adib, de l’accordéon de Vincent Peirani ou du saxophone de Emile Parisien, réjouissant.

Conférence de Jordi Savall sur l’utilité de la musique

La musique est dans l’humanité depuis la nuit des temps. Les trompettes de Jericho ont fait tomber les murs de la Ville dans les temps bibliques. Le don musical est là au tout début de notre vie physique. Déjà dans notre vie intra utérine. A la naissance, comme la natation pour les bébés nageurs, le réflexe très éphémère existe d’être capable d’appréhender tous les modes musicaux. Une fois le réflexe perdu il faut apprendre. Chaque groupe humain différent apprend une musique différente. Ce qui fait société. Car ce que nous avons d’humain nous vient de l’éducation de nos parents, de l’école. En effet nous ne saurions pas que nous sommes humains si on ne nous le disait pas. Passionnantes réflexions et études de cet humaniste de la musique qu’est le chef et violiste de gambe Jordi Savall, à écouter comme un conte.

Regardez et écoutez toutes les vidéos de notre sélection Philharmonie-à-la-demande de Janvier 2022 (nouvelle fenêtre)

La chanson du lundi spéciale Eurovision Junior : Qami Qami / Maléna Fox

3 Jan

Et la grande gagnante est la jeune Maléna représentante de l’Arménie avec sa chanson Qami Qami qui signifie Le vent Le vent !

Pour la première fois, le concours Eurovision Junior 2021 a été organisé en France à la Seine Musicale de Boulogne-Billancourt puisque c’est la candidate française Valentina avec son titre J’imagine (nouvelle fenêtre) qui avait remporté l’édition 2020.

Cette année, c’était le jeune Enzo Hilaire qui représentait la France avec une chanson intitulée Tic Tac (nouvelle fenêtre). Il avait été finaliste du télé-crochet The Voice Kids en 2020. Il n’a pas été le seul parmi les 19 concurrents à chanter en français puisque le jeune chanteur Nikoloz Kajaia de la Géorgie a interprété la chanson Let’s Count The Smiles dont le texte alternait anglais et français (nouvelle fenêtre) et la jeune représente russe Tanya Mezhentseva a baptisée sa chanson Mon Ami (nouvelle fenêtre).

Le jeune Enzo finit troisième de cette compétition, mais premier des votes du jury. Cet Eurovision Junior ouvert aux artistes de moins de 15 ans aura réunit plusieurs dizaines de millions de téléspectateurs à travers le monde sans compter ceux qui suivaient le direct sur les réseaux sociaux.

C’est donc à 13 ans que Maléna remporte l’Eurovision Junior. Une belle revanche pour cette adolescente qui devait concourir en 2020 avec une chanson intitulée Why et qui avait du abandonner la compétition au dernier moment en raison du conflit qui frappait l’Arménie. C’est la deuxième fois que ce pays remporte l’Eurovision Junior, le premier sacre datant de 2010.

À la fin du show, les spectateurs ont eu une surprise puisque Valentina est venue chanter ainsi que la française Barbara Pravi qui a terminée deuxième au dernier concours de l’Eurovision (nouvelle fenêtre).

Le blog Déclic Musique vous propose de revivre l’interprétation de Maléna Fox.

J’y étais : Kalaka à l’Institut hongrois de Paris

12 Nov

Véritable institution musicale en Hongrie, le groupe Kalaka (nouvelle fenêtre) a donné deux concerts à Paris le 24 septembre dernier.

Kalaka signifie entraide. C’est un mot originaire de Transylvanie qui désigne un travail en groupe bénévole et mutuel dans une communauté. Et c’est ce que font Daniel Gryllus, Balasz Radvanyi, Gabor Becze et Vilmos Gryllus depuis 1969, année de formation du groupe à Budapest. Ils utilisent de nombreux instruments, principalement à cordes ou à vent, dont des instruments typiques comme la clarinette hongroise, des percussions ou des sifflets.

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Kalaka compose des chansons aussi bien pour les enfants que pour les adultes. Les musiciens utilisent les contes traditionnels ainsi que les poèmes des grands écrivains hongrois et ils y adaptent les styles de musiques correspondant à la région. Ils touchent ainsi toutes les générations pour valoriser la culture et les coutumes de leur pays. Ils ont reçu de nombreux prix dont l’un des plus prestigieux en Hongrie, le Prix du Patrimoine Hongrois. Ils ont publié plus de 30 disques, une dizaine de livres-cd de contes pour la jeunesse et donné des concerts dans le monde entier. En décembre, ils ont prévu de donner à Budapest trois concerts sur le thème de Noël.

Le blog Déclic Musique vous propose un extrait de concert donné par Kalaka avec le guitariste hongrois Peter Huzella. Ils interprètent une balade du 19ème siècle de l’auteur Janos Arany qui s’intitule Les bardes de Walles.

Retrouvez Kalaka sur le site de La Médiathèque de Levallois avec notre partenaire musicMe (nouvelle fenêtre).

L’italien qui enchante notre été : Andrea Lazlo de Simone

25 Juin

La langue italienne est un langage absolument musical, mais les préjugés sont encore nombreux lorsque l’on évoque la musique pop transalpine :

« Quand on dit pop italienne, vient souvent à l’oreille une série de clichés liés aux tubes des années 80, des voix de mâles éraillées qui chantent “Je t’aime” ou “Pourquoi m’as-tu quitté ?” ou les deux à la fois. A ce titre, Andrea Lazlo de Simone vient d’une autre galaxie, celle de la pop italienne des années 60 et 70, avec ses symphonies de poche, avec sa voix d’alcôve, avec sa poésie (…) » Rebecca Manzoni, « Pop & Co » dans le 7/9 sur France Inter

Fils d’un photographe cinéphile et d’une professeure d’Italien originaires du Sud de l’Italie, c’est à Turin qu’Andrea Lazlo de Simone découvre véritablement la musique grâce à son frère aîné, musicien lui aussi. En 2006, il fait ses premières armes au sein du groupe de rock alternatif, Nadàr Solo, en tant que batteur. La formation se taille un succès local, même si l’indie rock du trio n’a rien de foncièrement original. Andrea ne se sent pas légitime en tant que musicien, c’est uniquement grâce à l’acharnement d’une poignée d’amis qu’il se décide enfin à partager sa musique avec le monde. Il arrive en France déjà entouré d’une légende : musicien autodidacte, il joue de tous les instruments et n’aurait jamais acheté un seul disque de sa vie. C’est donc instinctivement qu’il passerait de la modestie du folk au slow et à la pop orchestrale.

Je n’ai pas d’influence précise, car je n’achète pas d’albums, et je n’ai d’ailleurs pas une grande connaissance de la culture musicale en général. Peut-être qu’inconsciemment je fus avant tout influencé par l’atmosphère du cinéma. Quand j’étais enfant, mes parents m’ont fait découvrir les grands classiques du cinéma néoréaliste italien et français. Une grande partie de mon imaginaire vient probablement de là.

C’est en 2012 avec Ecce Homo, premier disque autoproduit, que le Turinois dévoile sa capacité unique à créer de somptueux arrangements lyriques et inventifs. Suit Uomo Donna, son magnifique album de pop irréelle et intemporelle sorti en 2017, sur lequel il installe des paysages qui doivent autant à la pop qu’au psychédélisme, aux années 60 comme à la musique classique. On imaginait alors aisément un être fantasque, une espèce de Frank Zappa (nouvelle fenêtre) transalpin 2.0. Il y a alors chez lui ce quelque chose d’immédiatement italien, ce lyrisme porté comme un costume blanc, cette dimension boursouflée qui paraîtrait ridicule et dérisoire chez d’autres mais qui le rapproche du meilleur de Christophe (nouvelle fenêtre) ou Sébastien Tellier (nouvelle fenêtre). Comme les deux cités, Andrea Laszlo De Simone s’amuse de nous, joue avec la désuétude et prend plaisir à rester sur le fil du rasoir : jamais loin du mauvais goût et jamais dénué d’élégance.

Andrea Lazlo de Simone
Crédit : Elene Ratjeri

Son dernier EP sorti l’an passé, Immensità (Ekleroshock & Hamburger Records/Caroline – nouvelle fenêtre), est un projet court de quatre titres seulement et s’écoute intégralement comme un seul et unique morceau.

Immensità donc, contre-intuitivement, n’est pas infini : vingt minutes au compteur. Cependant, ce que l’album ne prend pas en temps, il le prend en espace : même au casque, il éblouit par son étendue. Vertigineux dans sa construction et appuyé par un orchestre symphonique, Immensità est monumental, dense et compact. Vingt minutes de Laszlo de Simone, c’est, ici, une planète. C’est bien assez pour être profondément marqué par la beauté, l’ambition et l’humanité de cette poignée de morceaux,  singuliers et captivants, entonnés avec l’assurance tranquille du poète. De ces titres amples et inventifs à chaque instant, se dégage une étrangeté limpide. Ajoutez-y une volonté à raconter une histoire qui se vit indépendamment des mots, un concept qui s’écoule de titre en titre à travers les sons. Une histoire qui a à voir avec les limites et les contingences d’une existence, les étoiles qui continueront de briller longtemps après que nous soyons partis.

Immensità trace son propre itinéraire, dérivant au travers de délicats arrangements de cordes − enregistrées au Conservatoire de Paris, sous la direction de Frédéric Soulard −, de nappes de synthés en apesanteur et de chœurs lumineux. Sa musique nous ramène naturellement à cette avant-garde classieuse de la pop italienne seventies, notamment aux immenses Franco Battiato (nouvelle fenêtre) et Lucio Battisti (nouvelle fenêtre). Il partage avec ce dernier une désinvolture charmante, cette manière de tenir l’équilibre sur la mince ligne qui sépare le grandiose du ridicule, cette façon d’être moderne et à contre-courant tout à la fois.

Immensità, en ouverture, installe une scène désuète, une piste de danse à côté d’un lac un soir d’été. Une mélodie vaguement sixties parasitée par une progression d’accords mouvante. La Nostra Fine reste dans une mélancolie seventies mais emprunte cette fois-ci à une Soul blanche qui s’interroge sur les après, les grandes questions, les incertitudes. Mistero est peut-être le titre le plus versatile du disque, démarrant comme un lent décollage cosmique dans des bruits galactiques et post-modernes pour ensuite se décliner en une lente progression répétitive qui enfle toujours plus pour atteindre des espaces hallucinés et s’évaporer en une formule délicate de piano et de dérives enfantines. 

Et puis Andrea Laszlo De Simone se plaît également à nous perdre de rupture en rupture, de volte-face en volte-face. Cette odyssée musicale qu’est Conchiglie en conclusion de cet EP en est le meilleur exemple. On sait l’italien intéressé également par le travail sur l’image : Conchiglie, c’est un peu comme une suite d’instants de vie en accéléré, un torrent discontinu d’impressions dont on ne comprend pas tout de suite toute la cohérence. Commençant comme une chanson Pop, Conchiglie ne choisit jamais son camp, malaxe nos nerfs dans ses gants de velours avec cette chute qui renvoie au Bolero de Ravel mais aussi qui se finit dans un grand silence presque pesant, un long blanc avant l’arrêt. En signant ces symphonies de poche, merveilles de sincérité et d’émotion, Andrea Laszlo de Simone livre un grand disque.

« Ce sont des chansons qui naissent comme une consolation, comme une clef pour construire une lutte. Immensità, c’est un regard enchanté sur la réalité.”

Inspiré par la paternité, son titre sorti l’an passé, “Dal giorno in cui sei nato tu” (“Depuis que tu es né”- nouvelle fenêtre), dit beaucoup de son auteur :

« C’est ma véritable déclaration d’amour paternel. Le clip de la chanson a été tourné en Super-8 avec mon fils Martino. Par la suite, nous avons décidé ensemble de dédier le tout à l’arrivée de ma fille, Lucia. Ma famille n’est pas ma source d’inspiration musicale, c’est ma source vitale. Ce qui me permet d’être un homme adulte, responsable. La musique par rapport à tout ça, n’est rien.« 

Le 31 décembre 2020, Andrea Laszlo De Simone livrait la bande son d’un site éphémère affichant de manière aléatoire le direct de webcams disséminées sur la surface de la Terre. Au seuil de la nouvelle année, Vivo2021, donnait à voir des fragments du monde que nous partageons :  une voiture quittant une station service du Wyoming, un carrousel tournant sur la place désertée d’un village ligure, des morses se prélassant sur un rocher en Colombie britannique, ou encore un train fendant un champ de bananiers quelque part en été…

Le morceau, composé pour l’occasion, s’intitule Vivo (nouvelle fenêtre). Et s’il s’écoute aujourd’hui sur toutes les plateformes, ce n’est, pour son auteur, ni un single ni une expérimentation musicale, mais plutôt un état d’âme.

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