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J’y étais : Metallica à l’Accor Arena de Paris

13 Sep

Le groupe Metallica a donné deux concerts mémorables les 8 et 10 septembre dernier et votre blog Déclic Musique a eu la chance d’assister aux deux représentations.

Le chanteur James Hetfield le proclame haut et fort, Metallica est depuis 34 ans une grande famille et c’est comme telle qu’ils ont abordés ces deux concerts, avec un public qui les connait parfaitement au point de communier avec le groupe et leur musique pendant toute la durée du spectacle. Car c’est bien à un show que l’on a assisté et ce, dès l’entrée sur scène des Four Horsemen comme la presse les a baptisés depuis l’enregistrement de la chanson éponyme. La scène étant centrale, ils doivent traverser la moitié de la fosse pour y accéder, ce qui est merveilleux en matière de proximité avec le public, rendu hystérique dès les premières notes de la musique d’Ennio Morricone intitulée Ecstasy of Gold qui leur sert d’introduction. C’est bien quatre hors-la-loi bardés de cuirs avec leurs guitares et baguettes en guise d’armes, qu’ils vont dégainer pour arroser le public de riffs à la place des balles. Et c’est sans sommation puisque ce sont les titres Hardwired To Self Destruct et Atlas Rise extrait du dernier album ( nouvelle fenêtre ) qui vont déclencher les hostilités avant l’incontournable Seek and Destroy durant lequel le public joue les chœurs à plein poumon. Au cours du concert, James Hetfield s’adressera aux plus jeunes spectateurs en leur souhaitant la bienvenue dans la grande famille Metallica, ainsi qu’à ceux dont c’est la première expérience Metallica Live.

Metallica c’est donc aussi un concept, des images, et la cinquantaine de cubes disposés au-dessus de la scène va servir d’écran pour projeter les images captées en direct mais surtout des vidéos de clips, des photos comme lors de l’hommage au bassiste Cliff Burton ( nouvelle fenêtre) par Robert Trujillo ou des dessins et affiches créées par les fans sur le titre Blackened. Les quatres musiciens surprennent en faisant des percussions sur quatre cubes surgis du plancher pendant la chanson Now That We’re Dead avant un ballet de drones façon Fée Clochette lumineuse pour Moth Into Flame. Le guitariste Kirk Hammett surnommé The Ripper et le bassiste Robert Trujillo ont même offert le premier soir une reprise de la chanson Antisocial à la grande surprise du public. Quand au batteur Lars Ulrich, en véritable diablotin, il tourne autant autour de sa batterie qu’elle tourne sur la scène.

Les titres du dernier album ont été bien représentés mais c’est véritablement les classiques comme Creeping Death le premier soir ou les légendaires One et Master of Puppets joués les deux fois qui ont le plus ravi le public. Et que dire des titres du Black Album disséminés sur les deux soirs dont les incontournables Nothing Else Matter et Enter Sandman qui auront eu l’honneur de clore ces deux nouveaux chapitres de la grande histoire de Metallica en live.

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J’y étais : Lollapalooza Paris et Sziget Festival

8 Sep

Lollapalooza et Sziget, mais ils ont passé où leurs vacances à Déclic Musique ?

D’habitude, on profite des congés pour faire autre chose que pendant l’année, histoire de se changer les idées. Et bien à Déclic Musique on ne change rien, on continue d’aller aux concerts, mais ailleurs ! Enfin pour le Sziget parce que Lollapalooza, c’était en face de chez moi.

Commençons donc par l’étape locale. C’est la première fois que le festival mondial Lollapalooza (nouvelle fenêtre) est organisé en France, sur l’hippodrome de Longchamps. Originaire de Chicago aux États-Unis, ce festival a la particularité de s’exporter dans différents pays et principalement en Amérique du Sud. Deux jours de musique mais comme il faut bien qu’on travaille en dehors des heures de concert, on n’a pu s’y rendre que le dimanche. Pour une première affiche, les organisateurs avaient sorti l’artillerie lourde avec Editors, Liam Gallagher, Pixies, Lana Del Ray et les Red Hot Chili Peppers !

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Premier gros avantage, les 3 groupes que je voulais voir jouaient sur la même scène et comme ce n’est pas Editors qui a attiré les foules, je me suis retrouvé très bien placé pour la journée. Et c’est tant mieux car Editors, groupe de rock indépendant britannique formé en 2002, a pourtant livré un concert très pro avec une variation de titres aux sonorités  laissant la part belle aux guitares ou, à l’opposé, très synthétiques. Le chanteur Tom Smith à la voix caverneuse enchaîne entre déambulation sur scène et séquence au piano. Leur musique sombre et hypnotique prend toute sa dimension sur scène et ils envoutent littéralement leur trop maigre public.

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Le format festival d’1 heure pour jouer est décidemment trop court et c’est déjà au tour de l’enfant terrible de Manchester d’arriver sur la deuxième scène au son de Fuck In The Bushes, intro instrumentale emblématique de la période d’Oasis. Liam Gallagher va dérouler son rock qui fait penser à des hymnes de stades scandés par des hooligans en y introduisant plusieurs titres d’Oasis à la plus grande joie du public, qui sans cela ne se déplacerait certainement pas en si grand nombre. Comme meilleure illustration, le final Wonderwall a été chanté en chœur par tous les festivaliers. C’était réellement impressionnant et même Liam s’est fendu d’un remerciement envers ce public du backfront comme il l’appelle.

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Et aussitôt apparait devant mes yeux éblouis la légende Franck Black et ses Pixies, avec une intro rock comme on en rêvait, composée de Gouge Away et Rock Music ! Le chanteur qui ressemble à tout sauf à une rock star dans son costume noir n’a rien perdu de sa gouaille et de sa voix criée qui déchire les tympans entre deux riffs acérés de ses petits et petites camarades. Même si ce n’est plus Kim Deal, la bassiste Paz Lenchantin a su conquérir le cœur du public et s’acquitte plus qu’honorablement de sa tâche.

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On passera rapidement sur Lana Del Ray , j’avoue parce que je ne connais pas sa discographie, pour retrouver la tête d’affiche du festival en la personne des Red Hot Chili Peppers. J’avais entendu le meilleur comme le pire concernant les prestations scéniques des Californiens, j’attendais donc avec impatience ce groupe que je n’avais jamais eu l’occasion de voir en live. Ça commence fort avec Can’t Stop et Dani California puis le groupe va dérouler une longue setlist de leurs tubes en passant par les reprises I Wanna Be Your Dog des Stooges  ou Wicked Game de Chris Isaak jusqu’au final attendu par tous avec Give It Away, le tube fusion qui les a fait mondialement connaître. Le dernier album The Gateway n’a été que peu joué avec entre autres Dark Necessities et Go Robot. Le chanteur Anthony Kiedis en gravure de mode gesticulera comme à son habitude laissant la charge au  bassiste Flea de communiquer avec le public. Une chose est sûre, le groupe s’éclate sur scène et transmet son énergie positive au public qui aurait aimé un peu plus que les 1h30 de concert.

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Voyageons maintenant jusqu’à Budapest et son Sziget Festival (nouvelle fenêtre)!

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Sziget, qui en hongrois signifie île, est le plus grand festival de musiques d’Europe et a été récompensé par de nombreux prix. Des musiciens venus du monde entier se retrouvent pour jouer sur de nombreuses scènes devant des centaines de milliers de spectateurs durant toute une semaine. Cette longue bande de terre ceinturée par le Danube et située au nord de Budapest s’est autoproclamée île de la liberté. Les campeurs se regroupent par nationalité, les Français sous la bannière de « l’apéro camping ». Les allées sont baptisées du nom des légendes de la musique avec par exemple l’avenue Jim Morrison. Mais cette  enclave dans la capitale hongroise sert également de musée à ciel ouvert. Y sont exposés aussi bien des œuvres à base de déchets recyclés que des œufs géants en bois. Une manifestation artistique comme la color party ressemble à un immense happening.

Cette année, c’est la chanteuse américaine Pink qui a enflammé l’île pour la soirée d’ouverture. Un véritable show à l’américaine avec danseurs, chorégraphies, trapèze et feux d’artifices. La chanteuse ne se contente pas d’un simple tour de chant, en véritable saltimbanque, elle paye de sa personne jusqu’à s’envoler au-dessus du public à la fin du concert pour le titre So What alors qu’auparavant elle avait fait jaillir le feu sur Just Like Fire. Dès le début on danse avec Pink et son Get the Party Started idéal pour enflammer le public jusqu’au mix de sa chanson Fun House avec Just A Girl de sa copine Gwen Stefani, chanteuse de No Doubt. Un moment intime en avancée vers le public avec son guitariste pour interpréter le sensible Family  Portrait. En résumé un concert très chaleureux et partager avec la foule immense du Sziget, où toutes les générations se côtoient dans la tolérance et la joie.

Finalement, les festivals sont une agréable façon de passer de très bonnes vacances, que vous prolongerez en venant emprunter les disques et autres supports de ces artistes à La Médiathèque de Levallois ! (nouvelle fenêtre).

J’y étais : Depeche Mode, Midnight Oil et Guns N’ Roses

9 Juil

Seulement trois concerts dans la semaine ? On se relâche, ça sent les vacances !

Comme tous les quatre ans, le groupe formé il y a 35 ans à Basildon vient faire son petit tour à Paris. Il ne faut pas moins que le Stade de France pour assister à ce qui est de moins en moins des Black Celebration mais un show à grand renfort de vidéos. Soyons sincères, on ne s’attend pas à de grandes surprises avec Depeche Mode qui déroule ses concerts de façon quasi systématique. On commence comme d’habitude avec la première chanson du dernier album, elle s’intitule Going Backwards, seule la mise en scène évolue avec la configuration de la scène qui possède une partie haute au pied de l’écran central et qui va permettre à Dave Gahan de faire son entrée en dernier tout en surmontant ses petits camarades. Il redescend pour enchainer avec le tube du moment So Much Love suivi d’un autre titre bien électronique baptisé Corrupt. Dave émeut avec le titre Cover qu’il a composé pour le dernier album Spirit. La scène se compose de Martin Gore avec ses guitares, Andrew Fletcher rivé à ses synthétiseurs, un batteur et un autre clavier, les même depuis des années. Dave et Martin vont alterner au chant comme d’accoutumé sur les deux titres Judas avec son refrain If You Want My Love scandé par le public et Home joué dans sa version longue qui donnera lui aussi un long chorus de la part de la foule. Dave reviendra après sa courte pose avec les glaçants In Your Room et Wrong qui pour une fois a été brillamment interprété avec une réorchestration et une vidéo en phase puis le nouvel hymne Where’s The Revolution et son visuel de bottes en mouvement. Les titres phares de leurs concerts ont été joués comme World In My Eyes, Stripped ou encore Walking In My Shoes accompagné d’un clip suivant la transformation d’une personne transgenre. Une très bonne surprise avec l’interprétation du morceau Everything Counts qui a remis tous le monde aux synthés et a rendu hystérique le public avant un nouvel interlude avec Martin chantant son titre culte Somebody . Un hommage a été rendu à David Bowie avec Dave interprétant Heros sur fond de drapeau noir avant d’entamer un final en feu d’artifice avec Enjoy The Silence et son film animalier, Never Let Me Down Again et au finish Personal Jesus. Encore une fois un excellent concert de Depeche Mode avec une prestation scénique de Dave Gahan digne de la rock star qu’il incarne depuis des décennies.

 

Eux, cela ne fait pas quatre ans que je ne les ai pas vus mais plutôt vingt ans. Le groupe australien Midnight Oil est de retour pour une tournée mondiale baptisée The Great Circle. Annoncée en février dernier lors d’une conférence de presse à Sydney, Peter Garrett et sa bande parcourent le monde en s’arrêtant à l’Olympia de Paris ce 6 juillet. Et bien sûr nous y étions. Impossible de rater la prestation de ce groupe aux textes écologistes et politiquement engagés sur des rythmes rock qui fleurent bon la rudesse des paysages de l’Australie. Pressé de revoir sur scène ce géant qui bouge sans cesse tout en gesticulant comme s’il était désarticulé. Quand on pense qu’il a été député et plusieurs fois ministre de l’éducation ou de l’écologie. Comme cette tournée s’accompagne de la sortie de plusieurs coffrets dont un d’inédits, j’avoue que je vais découvrir en live ces chansons dont j’ignore le titre. C’est le cas des deux premiers titres interprétés avant un Truganini qui va mettre définitivement le public à la bonne température. Le groupe a choisi de ratisser large en interprétant le titre When The Generals Talk issu d’un de leurs nombreux albums composés avant de connaître le succès mondial avec Diesel and Dust. Cet album et le suivant intitulé Blue Sky Mining vont se payer la part du lion avec leurs chansons qui ont fait le succès du groupe. Dreamworld, Sell My Soul , Stars of Starbutton , le sombre Artic World que Peter chantera agenouillé, les explosifs Blue Sky Mine et Beds Are Burning avec sa section cuivre, de l’engagement avec Warakurna qui parle des aborigènes et surtout The Dead Heart dont le toutoutou du refrain sera entonné à plusieurs reprises par un public ravi de voir le groupe en si grande forme. Le chanteur visiblement surpris de ces chœurs improvisés s’adressera même au public en ponctuant ces phrases du refrain. Le final étant laissé à Power and the Passion et l’incontournable Forgotten Years . Un très bel accueil du public parisien pour le retour de ce groupe qui a donné un concert en totale communion avec son public, à tel point que la date du 25 juillet vient d’être rajouté dans cette même salle (nouvelle fenêtre).

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S’il y a bien un groupe dont j’espérais assister un jour à sa reformation, c’est bien Guns N’ Roses ! Axl Rose qui a mis plus de 10 ans a sortir un album, Slash qui continuait a jouer avec les autres membres du groupe dans différentes formations qui interprétaient systématiquement lors des concerts leurs titres cultes, tout laissait à croire qu’une fois les égos et la rancune mise de côté on assisterait à nouveau à la réunion d’un des plus fabuleux groupes de hard-rock de l’Histoire de la musique. Il aura fallu 25 ans de patience après le concert auquel j’ai eu la chance d’assister en juin 1992 à l’hippodrome de Vincennes pour revivre ce moment qui avait été si intense. Cette fois ci nous sommes au Stade de France et à 20h précise les révolvers sur fond d’écran géant se sont mis à tirer à six reprises les balles de leurs barillets. Slash et Duff McKagan le bassiste font leur entrée pour la formation de base suivi du guitariste Richard Fortus qui remplace Izzy Stradlin à la guitare, Frank Ferrer à la batterie. Tous deux anciens membres des Psychedelic Furs , puis Melissa Reese aux claviers. Axl Rose arrive à son habitude en courant pour débuter son tour de chant avec It’s So Easy . Le groupe va nous emmener pendant un véritable marathon musical de 3h30. Autant dire que les classiques du groupe ont été interprété et on ne va pas se lancer dans une longue tracklist mais plutôt parler du ressentit de ce concert. La première impression est bien évidemment le changement physique du chanteur, de sa voix qui ne monte plus aussi haut dans les aigus. La sono du stade de France n’était pas vraiment à la hauteur alors que Slash et Richard Fortus ont encore une fois prouver leur virtuosité avec des solos d’anthologie. La qualité des vidéos projetées était exceptionnelle et elles ont grandement participé à l’atmosphère Rock. Axl a rendu hommage à Chris Cornell en chantant Black hole Sun de Soungarden et il a interprété Whole Lotta Rosie d’ACDC, groupe où il a assurer l’intérim suite aux problèmes de santé de Brian Johnson. Axl Rose a également joué du piano sur le mythique November Rain , Slash a sorti ses guitares a deux manches et Duff a interprété une reprise de The Damned avec New Rose. On a presque retrouvé le groupe comme on l’avait laissé, Axl courant partout et se changeant à plusieurs reprises ainsi que des musiciens totalement habité par leur musique. C’est bien Guns N’ Roses et nous avons retrouvé notre jeunesse pendant 3h30.

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Tous les chroniqueurs du blog Déclic Musique de la Médiathèque de Levallois vous souhaitent un bel été , avec beaucoup de concerts bien sûr !

J’y étais : Axel Bauer au Flow

21 Juin

Axel Bauer est venu présenter sur scène jeudi dernier à bord de la péniche Flow , amarrée Port des Invalides, son dernier album enregistré dans les conditions du live au Studio Ferber.

Véritable virtuose de la guitare électrique, Axel Bauer n’a pas eu la reconnaissance qu’il méritait. Cannibalisé par son succès Cargo, il a eu du mal à faire reconnaître ses talents de compositeur guitariste dans un pays qui préfère mettre en avant le rock anglo-saxon. Ses apparitions sont donc devenues confidentielles mais elles sont l’assurance d’un moment musical intense et  d’une rare authenticité. Contrairement à l’album Live à Ferber, c’est avec une formation restreinte que le chanteur arrive sur scène puisqu’il n’est accompagné que d’un batteur et d’un bassiste. Un mini clavier posé sur une enceinte aura la charge de remplacer les autres musiciens et de synchroniser les arrangements. Axel Bauer commence son tour de chant en interprétant des morceaux récents tels que Alligator, Souviens-toi, Aveugle ou encore La chasse à l’instant et 00 zen. Accompagné de sa guitare Fender recouverte façon Peaux de serpent ,qui est en l’occurrence le titre de son précédent album studio, il hypnotise littéralement son auditoire par son rock énergique mais mélodique.

Puis il se retrouve seul sur scène avec une guitare acoustique pour À ma place , la chanson qu’il interpréta en duo avec Zazie, qui n’a pu être présente ce soir car retenue en Zazieland d’après Axel. Mais il a demandé l’assistance du public féminin pour lui donner la réplique et cela a tout simplement donné un échange magique entre le chanteur et la salle. Il a enchainé sur le poème d’Aragon Est-ce ainsi que les hommes vivent avant de retrouver ses musiciens et sa célèbre guitare Stratocaster sur laquelle il a composé ses deux titres cultes Cargo et Eteins la lumière (nouvelle fenêtre). Les versions live de ces deux chansons donnent libre court à ses talents de guitariste avec des solos d’anthologie et une réorchestration envoutante. Le concert se terminera avec le titre Laisse venir et son atmosphère sombre et sensuelle, que l’on vous propose en écoute ci-dessous.

Malgré la conjonctivite d’Axel Bauer et quelques problèmes techniques, c’est un magnifique concert auquel on a assisté tout en flottant sur la Seine. Une toute petite salle avec une proximité entre l’artiste et son publique qui a rendu cette rencontre intime et exceptionnelle.

 

J’y étais spécial : Deftones vs K’s Choice

8 Mai

La semaine dernière a été riche en émotions avec les concerts parisiens des Deftones et de K’s Choice.

Commençons par ceux qui ont ouvert les hostilités, le groupe Deftones (nouvelle fenêtre)! Ce groupe venu de Sacramento aux États-Unis est considéré comme l’un des fondateurs du Nu-Metal. Ce courant musical associe le rock le plus extrême avec des samples ou des claviers et les paroles peuvent-être chantées façon rap ou criées. Ayant déjà eu l’occasion d’assister il y a plusieurs années à un set du groupe au Sziget Festival de Budapest, j’attendais avec impatience de les voir dans une salle fermée et avec de nombreux nouveaux titres composés depuis. La genèse du groupe remonte à 1988 mais c’est en 1997 qu’ils explosent avec l’album Around The Fur dont différents titres tels que My Own Summer et surtout Be Quiet and Drive feront penser au regretté bassiste de leurs débuts Chi Cheng, décédé des suites d’un accident de la route. S’enchaînent en alternance des titres de leur dernier album Gore et leurs grands succès comme le sensuel Sextape ou les cultissimes Change et Passenger du mythique album White Pony qu’ils ont eu la bonne idée d’interpréter à la suite. La voix de Chino Moreno est toujours aussi impressionnante aussi bien dans sa puissance que dans cette tessiture si particulière entre plainte et miaulement. Même s’il bondit moins sur scène que par le passé, sa présence charismatique est indéniable et il compense en jouant de la guitare sur de plus nombreux morceaux qu’auparavant. Tous les albums du groupe seront représentés avec, entre autres, une magnifique interprétation de Minerva.  Reste a savoir pourquoi l’Olympia a dû offrir des places gratuites, dont j’ai eu la chance de bénéficier, pour remplir sa salle alors que ce groupe joue dans les plus grands festivals devant des dizaines de milliers de spectateurs ? Un dernier album moins commercial et plus difficile a appréhender ou tout simplement une date guère avantageuse dans le contexte actuel en France.

C’est un tout autre genre musical qui m’attend le lendemain avec le groupe belge K’s Choice ! Ici, pas de noirceur ni de brutalité mais un rock mélodique emprunt de chaleur et de douceur tout en restant très énergique et parfois même dansant. Non seulement les frères et sœurs Gert et Sarah Bettens ont eu la bonne idée de reformer le groupe après l’aventure solo de Sarah, mais en plus ils ont enregistré l’année dernière un nouvel album baptisé Phantom Cowboy (nouvelle fenêtre). Cerise sur le gâteau, ils viennent nous le présenter à Paris lors d’une tournée pour fêter les 25 ans du groupe. C’est à l’Elysée Montmartre qu’ils nous ont donné rendez-vous pour nous offrir 1h30 de pur bonheur avec une montagne d’émotions. La charismatique chanteuse explique que Paris est une ville très particulière dans leur carrière puisque c’est à Bercy qu’ils ont joué pour la première fois en dehors de la Belgique en assurant la première partie de Brian Adams. Ils ne pensaient pas à l’époque qu’ils seraient à nouveau en train de jouer dans une salle parisienne 25 ans plus tard et ils ont, tout en étant très ému, chaleureusement remercié le public de leur avoir offert cette carrière. Le public aussi les attendait avec impatience pour revisiter 25 ans de tubes et de chansons qui l’ont marqué à jamais. C’est avec la chanson Mr Freeze que débute le concert suivi d’un extrait du dernier album Perfect Scar , paradoxalement une des rares chansons de Phantom Cowboy avec Woman interprété ce soir. Puis le groupe déroule les titres qui ont fait sont succès depuis le début des années 90 dont Believe , Almost Happy , Cocoon Crash et bien sûr l’incontournable Not an AddictSarah nous a même gratifié d’un saut dans la fosse à la plus grande joie du public. Gert a interprété en duo avec l’autre guitariste le sublime Shadowman et en rappel Sarah a chanté seule 20 000 Seconds . Le tour de chant s’est clos à capella avec le pianiste qui accompagnait Gert et Sarah pour une interprétation d’une rare intensité de Killing Dragons. On a pu assister non seulement à un très bon concert, mais surtout à un beau concert lumineux emprunt de chaleur humaine et de messages positifs.

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En résumé, deux concerts sans débauches d’effets de scène mais avec des chanteurs et musiciens remis au premier plan et surtout une communion avec le public qui rendent ces moments de vie intenses et irremplaçables.

 

J’y étais : concert de Noël à la Maison municipale de Prague

11 Jan

Construite au début du XXème siècle, la Maison municipale de Prague consiste en un imposant bâtiment Art Nouveau, à la décoration exubérante et grandiose. Elle abrite en son sein la magnifique salle de concert Smetana. Le mercredi 21 décembre 2016, l’Orchestre symphonique de Prague y donnait un concert de Noël.

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Maison municipale de Prague

Salle Smetana

 
Au programme de ce concert de Noël:
J. S. BACH – Jauchzet Frohlocket, chœur de l’Oratorio de Noël BWV 248
BOHUSLAV MARTINŮ – Concerto pour violoncelle et orchestre n° 2 H 304
ARTHUR HONEGGER – Cantate de Noël pour baryton, chœur mixte, chœur d’enfants et orchestre

Un décor somptueux pour écouter le Chœur philarmonique pragois et le Chœur d’enfants Kühn accompagner l’Orchestre symphonique de Prague pour une nuit illuminée par l’esprit de Noël.

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Cliquez sur la pochette pour voir la disponibilité de l’album à La Médiathèque.

J’y étais : Faada Freddy au Centre événementiel de Courbevoie

4 Jan

Mardi 13 décembre 2016, la ville de Courbevoie accueillait le rappeur et chanteur sénégalais Faada Freddy pour un live d’exception. Sa notoriété, déjà bien avancée, a rendu nécessaire un changement de salle afin d’accueillir le public très nombreux désireux de participer au concert.

J’ai la chance d’avoir découvert la musique de Faada Freddy (de son vrai nom, Abdou Fatha Seck) en live lors du 16ème Festival du Bout du Monde de Crozon en août 2015. Accompagné de cinq choristes génialissimes, Michaele Desir, Jean Marie Marrier, Emmanuel Vincent, Gisela Razanajatovo et Philippe Aglaé, Faada Freddy partage une musique faite sans autre instrument que la voix et les percussions corporelles. Gisela Razanajatovo nous a envoûté de sa voix aérienne et vibrante, magnifique!

Un concert éclectique et jubilatoire qui a mêlé gospel, rap, électro et soul pour électriser le public de Courbevoie sous un jeu de lumières ahurissant. Dès la deuxième chanson, le groupe de Faada Freddy a transmis tellement d’énergie et de good vibes que la salle s’est levée pour danser et battre le rythme: les pieds sautillent, les mains s’agitent, les cœurs palpitent à l’unisson.

Des artistes à suivre assurément pour la joie, l’harmonie et l’énergie qu’ils transmettent à chacun de leurs concerts inoubliables.

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Gospel Journey- Faada Freddy

Connectez-vous au site de La Médiathèque pour écouter cet album en ligne.

 

J’y étais : Jeanne Added à l’Elysée Montmartre

21 Déc

Après une Cigale et un Olympia complets puis une nomination aux Victoires de la Musique, Jeanne Added a clôturé en beauté son incroyable tournée BE SENSATIONAL par 3 dates consécutives les 7, 8 et 9 décembre 2016 à l’Elysée Montmartre (salle réouverte en septembre dernier après deux ans de travaux). Et le dernier soir j’y étais…

Une découverte à la fois de l’artiste en concert dont je ne connaissais que quelques titres et de la salle de l’Elysée Montmartre. Accompagnée de trois amies, on arrive devant la salle avec 1h30 d’avance (étant donné qu’il n’y a pas de places assises, autant vous dire que nous n’étions pas les seules à faire déjà la queue avant le début du concert) espérant être aux premières loges. Enfin l’ouverture des portes. Vu les attentats dont Paris a été victime et celui du Bataclan en particulier, le renforcement des mesures de sécurité s’en est ressenti et c’est tant mieux.

20h enfin nous voilà dans la fameuse salle (à noter que l’Elysée Montmartre est classé aux Monuments historiques depuis 1989 en tant que salle de spectacles) et notre attente a finalement été récompensée puisque nous sommes au pied de la scène. Et c’est peu de le dire. C’est le groupe Fiodor Novski & The Shiners qui assure la première partie du concert. Et pour l’occasion la chanteuse Katel les accompagnait à la guitare. Leur musique est un savant mélange entre pop et punk. Pour vous donner un petit aperçu :

20h45 arrive le moment tant attendu. Jeanne Added fait son apparition sur la scène et le public est déjà électrisé. C’est le dernier soir et les fans de la première heure étaient déjà au rdv les deux premiers soirs. La chanteuse entame le concert avec son titre phare Look at Them. Un début tout en douceur avec des jeux de lumières en totale harmonie avec chacune des chansons interprétées au cours de la soirée. S’en suivent d’autres morceaux plus rock comme Back to Summer ou bien encore Miss It All. Du côté des musiciens qui l’accompagnent : Narumi Hérisson (claviers/vocal), Marielle Chatain (claviers/percussions/vocal) et Emiliano Turi (batterie). Un trio exceptionnel avec une mention spéciale pour le batteur.

C’était intense, chargé en émotions et on en a pris plein les oreilles, dans le bon sens du terme bien sûr. Jeanne Added se révèle être une artiste très proche de son public, en plus d’être un électron libre. Un moment sensationnel…

 

 

 

 

 

J’y étais : Placebo à l’Accor Hôtel Arena de Paris Bercy

30 Nov

Pour leurs vingt printemps de carrière, le groupe britannique Placebo a fait escale à Bercy ce mardi 29 novembre 2016 pour un concert des plus surprenants.

À ceux qui attendaient une tournée Best of avec un enchaînement des tubes de la bande à Brian Molko, la soirée a dû paraître particulièrement étrange. Sauf que, connaissant Placebo et les tourments de son chanteur, il fallait bien s’attendre à quelques surprises. Déjà le duo d’origine qu’il forme avec le bassiste Stefan Olsdal est accompagné sur scène par un nouveau batteur, un autre guitariste, un clavier et depuis plusieurs années maintenant, une violoniste qui officie également au piano. L’autre nouveauté est l’utilisation massive d’écrans et des effets vidéos se mêlant au jeu de lumières. Mais reprenons depuis le début. La lumière s’éteint et deux portraits de Léonard Cohen apparaissent avec sa voix en fond sonore. Puis la première version du clip Every You Every Me datant de 1998 est projetée avec un Brian Molko transgenre et subversif. Une autre vidéo retraçant façon patchwork les 20 dernières années du groupe conclut cette introduction et les musiciens arrivent enfin sur scène, Brian en dernier, tout vêtu de noir alors que son compère arbore un costume brodé de papillons. Les titres choisis pour démarrer le set sont sans surprise avec les classiques Pure Morning et Loud Like Love qui amènent en puissance le nouveau Jesus Son. C’est après que le concert prend une tournure assez inattendue avec une dizaine de titres parmi les plus sombres du groupe comme le déchirant I Know, Protect Me From What I Want interprété dans sa version française, langue que maîtrise parfaitement le chanteur, l’halluciné Space Monkey ou encore le magnifique Without You I’m Nothing en hommage à David Bowie qui apparaît sur l’écran avec des images du Maître tournées pendant une séance d’enregistrement avec le groupe. Le public devient statique et une étrange ambiance s’installe dans la salle. On est à un concert anniversaire ou à une veillée funèbre ? Au bout d’une heure de plongée dans les abysses musicales de Placebo, Brian tente de prendre la parole. Il ne s’attend pas à la réaction du public qui va les applaudir et hurler pendant plus de 5 minutes interrompant littéralement le concert. Loin d’avoir été dérangé par cette introspection nostalgique, dixit le chanteur, le public de Bercy va montrer au groupe son indéfectible attachement en lui rendant hommage de s’être livré ainsi devant lui ce soir, à la différence des autres set du groupe auxquels nous avions pu assister précédemment. Brian et Stefan visiblement très touchés, notamment quand le public scande un joyeux anniversaire au groupe, finissent par reprendre le micro en déclarant : « vous voulez que l’on continue à jouer ou pas ? » et d’expliquer que puisque l’on est à une fête d’anniversaire, on va danser maintenant. À partir de cet instant, le public va retrouver un Placebo plus traditionnel avec les tubes Slave To The Wage et The Bitter End, les débuts avec Teenage Angst ou l’hymne Too Many Friends. Vient l’heure des deux rappels avec notamment Song to Say Goodbye et Infra-Red. Au final, un concert incroyable, pleins d’émotions, à l’image de ce que ce groupe à apporter à la Musique ces vingt dernières années. À défaut d’une part du gâteau, je vous offre quelques photos de l’anniversaire.

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Cet article est dédicacé à François M., qui, 48h avant le concert a acheté un billet d’occasion sur un site officie,l puis sauté dans un avion depuis Genève pour partager ce moment de musique exceptionnel. Quand on aime… Au prochain concert !

J’y étais : Delain à l’Elysée Montmartre

16 Nov

Le groupe hollandais de métal symphonique s’est offert pour les dix ans de leur premier album une escale à Paris et on a eu la chance de fêter cet anniversaire avec eux.

Comme pour le précédent concert dont je vous parlais dans cette rubrique, c’est encore une fois un retour au source de mon panthéon du rock perso puisque je n’étais pas retourné à l’Elysée Montmartre depuis des années. L’incendie et les années de travaux n’aidant pas, c’est encore une fois plein de curiosité et d’impatience que je pénètre dans cette antre où j’ai assisté à tellement de concerts, les premiers à Paris de groupes devenu les références du genre comme The Offspring ou Green Day pour ne citer qu’eux. Le public venu en nombre laisse à penser que Delain est sur la bonne voie pour devenir, si ce n’est déjà fait, l’une d’elles. Le groupe Evergrey a enflammé la première partie alors que leur set a été interrompu par le déclenchement de l’alarme incendie et malgré le contexte des tragiques évènements d’il y a un an, le public est resté d’un calme olympien. De la à dire que les métalleux ont des nerfs d’acier… Ok je reviens au concert. Les membres de Delain font leur entrée les uns après les autres, d’abord le batteur puis le clavier, les guitaristes enchainent et enfin elle apparait, la sculpturale Charlotte Wessels, dans une robe toute dorée avec un décolleté affriolant et des cuissardes noires. Mais concentrons-nous sur le plus important, cette voix à la fois puissante et claire qui charmerait n’importe quel allergique au métal. Et elle est particulièrement mise en valeur avec les compositions de leur dernier album Moonbathers qui alterne des guitares aux riffs épiques et des envolées vocales extrêmement mélodiques. Les titres de cet album tels que Suckerpunch, The Glory and The Scum, Fire With Fire ou encore The Hurricane sur lequel Charlotte commence à capella juste accompagné de la batterie vont s’égrener devant un public qui frise l’hystérie tellement le groupe dégage d’énergie positive. Ils interprètent bien sûr quelques uns de leurs classiques comme le tube April Rain ou The Gathering, titre extrait du fameux premier album Lucidity, avant de tirer leur révérence sur cet hymne à la tolérance qu’est We Are The Others. On peut juste regretter deux choses, un concert assez court, à peine une heure et demie, et l’absence de certaines chansons telles que Stardust ou Stay Forever toujours très attendues par le public. On notera cependant un effort sur la mise en scène avec en fond de scène l’alternance de trois panneaux représentant les pochettes de leurs derniers albums et un canon qui a projeté des confettis filament argentés dans le public.

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Les retrouvailles avec cette salle parisienne furent digne des meilleurs concerts que j’y avais vécu, avec en plus le charme et la grâce, ces deux mots pouvant être définitivement associés à la musique de Delain.

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