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J’y étais : Hellfest 2022

1 Juil

Jamais ce festival n’aura aussi bien porté son nom, entre la canicule, la chaleureuse ambiance des festivaliers et bien évidemment la programmation.

À la façon des péchés capitaux mais en changeant parfois leurs intitulés, je vais vous proposer ma sélection de groupes durant ce premier week-end du Hellfest, ne pouvant assister au deuxième, la France ayant besoin de son fonctionnaire dévoué.

En raison de la réputation fantasmée du Hellfest, je ne peux que commencer par un des vrai péché, la luxure avec Steel Panther. Ce groupe réellement Hollywoodien de Glam Metal formé en 1997 a deux particularités, ses textes dépassent rarement le niveau de la ceinture et les festivalières qui sont invitées à monter sur scène en laissant leurs habits à leurs copains dans le public. Le spectacle est donc garanti à la fois musicalement et visuellement. Le blog Déclic Musique vous propose un clip un peu plus sage.

Entre deux concerts, je déambule de scène en scène et la War Zone va me procurer cet agréable péché qu’est la surprise. Je connais cette musique mais je n’arrive pas à mettre un nom dessus, les effets de la canicule certainement. Je regarde sur le programme le nom du groupe, Rudeboy, non décidément cela ne me dit rien. Sauf que même au Hellfest, le diable se cache aussi dans les détails. Il est écrit en tout petit sous le nom du groupe : joue Urban Dance Squad. Ma mémoire se reconnecte aussitôt à ce fameux groupe néerlandais des années 90 avec leur fusion Rap/Metal digne de RATM. Rudeboy n’est autre que le nom de scène de leur chanteur et j’explose littéralement de joie de pouvoir assister à une prestation de ce fameux groupe. Souvenez-vous, UDS, Demagogue, formidable !

Continuons avec celui de la nostalgie, ce péché qui vous replonge dans votre passé. Je suis transporté en 1995 non plus à Clisson mais à l’Élysée Montmartre à Paris pour assister au premier concert français d’un groupe qui est passé de 15 000 ventes avec leur premier album Ignition à 8 millions à travers le monde pour leur second opus Smash. Mon billet pas électronique est décoré de la tête de mort de la pochette du disque sur lequel est inscrit en gros The Offspring. Presque 30 ans plus tard je me retrouve devant Dexter Holland et sa bande pour un bain de jouvence Punk. Pendant une heure je suis redevenu un kid.

Le miracle est-il péché, au Hellfest assurément tant il est jouissif. Pour rester dans l’univers du Punk américain, autant s’y jeter avec un de ses groupes fondateurs, aussi rare qu’important, Social Distortion. Avec eux pas de violences mais un Punk/Rock mélodique, profond et même mélancolique au service de leurs combats dont celui de la justice sociale. Une heure aussi belle que rare, assurément unique.

La repentance, à l’éternelle question Metallica ou Megadeth ? La réponse m’a toujours paru évidente, le premier. Dave Mustaine ayant été remercié de Metallica, il avait créé Megadeth par vengeance pour jouer plus rapide et plus fort. Sauf que ce soir j’ai pris une flagellation de riffs et une leçon de technique de cet instrument incroyablement complexe que peut-être une guitare électrique. Certes Dave, ressuscité d’un cancer de la gorge, n’a plus la puissance vocale de James Hetfield, mais il y a dans ses compositions une touche surnaturelle qui manque parfois à celles plus carrées de la concurrence. Mieux qu’un long discours, écouter le maître.

Un autre péché musical dans lequel il est bon de s’abandonner, la tentation. Impossible de passer une semaine sans écouter la voix de Cristina Scabbia du groupe Lacuna Coil. Alors inimaginable de ne pas assister au concert et aux envolées lyriques de cette voix du Metal Gothic. La sorcière est sur scène et on se laisse hypnotiser par cette voix et cette présence envoûtante. Je suis le conseil d’Oscar Wilde, je cède à la tentation.

La fidélité pourrait sembler être un péché puisque l’on est soit disant en enfer mais il y a bien une exception qui se nomme Doro. À l’âge ou ses compatriotes allemandes coulent souvent une paisible retraite, la chanteuse Doro Pesch est sacrée Queen of Metal ! Celle qui a chantée sur scène avec les plus grands, de Kilmister à Dio, nous offre son jubilé en décibels dans la plus pure tradition du Metal Classic. Le public ne se fait pas prier pour entonner, non pas God Save The Queen, mais We Are The Metalheads devenu hymne officiel de Wacken, l’autre grand festival européen de Metal.

Regarde les hommes tomber pourrait être à eux seul un péché mais je préfère leur adosser le mot de subjugation. Il y a une véritable symbiose entre leur musique, le chant guttural et la mise en lumière, on devrait plutôt dire mise en pénombre. C’est à la fois violent, profond ,introspectif et effrayant, comme si votre âme criait d’effroi mais au final tellement beau et puissant. À la limite d’une expérience occulte.

N’y a-t-il pas pire péché au Hellfest qu’une bénédiction. Il faut savoir rendre grâce à ces dieux sombres et obscurs que sont les groupes qui ont forgé le Metal dans l’histoire de la Musique. L’un des dernier encore à célébrer ses grandes messes à un nom prédestiné, Judas Priest. Le groupe mené par Rob Halford fête ses 50 ans de carrière et c’est peut-être la dernière fois que j’ai l’occasion de voir sur scène ceux qui ont débuté à Birmingham alors que je naissais. La boucle est bouclée, ite missa est !

Retrouvez le Hellfest et ces groupes à l’espace Image et Son ou sur le site de La Médiathèque de Levallois (nouvelle fenêtre).

J’y étais : Agnès Jaoui à la salle Ravel, El trio de mis Amores.

6 Mai

Le 22 avril dernier, la chanteuse nous a offert un concert intimiste entourée de deux talentueux musiciens.

Agnès Jaoui était accompagnée sur scène de l’Argentin Fernando Fiszbein au bandonéon, à la guitare et au chant et du Cubain Roberto Gonzalez Hurtado à la guitare et au chant.

©Gilles Vidal

Agnès Jaoui (nouvelle fenêtre) a interprèté les succès de ses trois albums Canta paru en 2006 , Dans mon Pays en 2009 et Nostalgias en 2015.

Sa carrière débute en 2006 mais elle a commencé bien avant en s’inscrivant dès 17 ans dans un conservatoire de chant classique. En 2007 elle remporte les Victoires de la Musique dans la catégorie Album de musiques du monde pour son premier opus Canta, où elle chante exclusivement en espagnol et en portugais.

Elle à par ailleurs participé a de nombreux albums :

2005 : Chante en duo Floricanto avec J.P. Nataf sur le Double album Plutôt tôt, plutôt tard.

2006 : Reprend La Transformation en duo avec Dick Annegarn sur Le Grand Dîner.

2007 : Participe à l’album de Marcel Amont : Décalage horaire.

2009 : Réinterprète L’Année à l’envers sur la compilation : On n’est pas là pour se faire engueuler ! En hommage à Boris Vian.

2014 : Collabore à l’album Rio-Paris avec Liat Cohen, Héléna Noguerra et Natalie Dessay.

2015 : Participe au conte musical écologique Les Symphonies subaquatiques aux côtés de Jacques Gamblin, Marianne James, Dominique A et Kent.

Sur scène Agnès Jaoui intèprète ses chansons et nous fait partager toute l’intensité des émotions que procure la musique latine.

Dans un décor simple et grâce à un jeu de lumières chaudes, Agnès Jaoui a transporté son public à Cuba, au Mexique en Argentine, au Brésil ou encore en Espagne.

Avec humour et générosité elle a traduit les paroles de son répertoire composé de chansons où il est question de passions amoureuses ou de séparations douloureuses.

Elle a partagé quelques mélodies en jouant d’une petite guitare espagnole ou avec des maracas et à chaque fois dans une grande complicité avec ses musiciens.

Les rythmes tantôt nostalgiques et tantôt joyeux que sont le Fado, le flamenco, le boléro et la bossa ont fait se lever et danser un public conquis par cette chaleureuse soirée.

La première partie était assurée par sa protégée Mary Bach, auteure compositrice de chansons à textes.

La chanteuse était seule accompagnée d’une guitare sèche ou d’un synthé.

Une soirée pleine de sensibilité et d’énergie à la fois.

J’y étais : Skunk Anansie au Casino de Paris

8 Avr

Le groupe de Brit Rock londonien m’a fait un beau cadeau le 29 mars dernier en donnant un concert à Paris.

Il y a des jours qui vous réservent de belles surprises. En regardant les concerts à venir pour étoffer la sélection de notre prochaine commande de cds à La Médiathèque de Levallois, je tombe sur le nom d’un de mes groupes préférés. Super, Skunk Anansie passe en France en 2022 et à quelle date ? Rhaaa… CE SOIR et j’étais passé complètement à côté de l’info. Vite une billetterie en ligne pour voir s’il reste une  place, même derrière un poteau ou sous la scène mais qu’il en reste au moins une. Miracle ! Et en fosse en plus. Juste le temps de me changer de bibliothécaire en métaleux et direction la rue de Clichy.

C’est la quatrième fois en 25 ans que j’assiste à un concert de Skunk Anansie (nouvelle fenêtre), autant dire que je sais à quoi m’attendre. Une entrée sur scène fracassante de la chanteuse Skin vêtue d’un habit de scène digne d’un défilé de haute couture futuriste. Et ça n’a pas raté, la diva rock apparaît dans une combinaison moulante noire scintillante avec un chapeau tentacules digne d’un Alien ou d’un méchant virus. La chanson d’ouverture est dans le même état d’esprit puisqu’il s’agit de Yes It’s Fucking Political, le ton est donné.

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Cette première partie de concert va voir s’enchaîner les succès de leur début à l’image du tir groupé des titres I Can Drean, Weak et Twisted qui rendent hystériques les spectateurs avant de revenir « seulement » dix ans en arrière avec le duo Love Someone Else et I Believe in You qui transforment le Casino de Paris en Dancefloor Rock. Heureusement que la chanteuse aime papoter avec le public entre les titres, ça permet de reprendre notre souffle et de faire refroidir les semelles de nos Docs. Skin évoque ses thèmes de prédilection, la politique, la lutte contre le racisme, l’amour aussi et l’aide aux migrants et réfugiés auxquels elle dédie le titre This Means War. La chanson récente du groupe baptisée Piggy est interprétée en fin de concert tout comme un hommage à ACDC avec Highway To Hell.

Si la musique de Skunk Anansie ne change pas, le jeu scénique de Skin et du groupe a évolué. Déjà ils ne sont plus quatre membres mais cinq avec l’arrivée d’une jeune femme derrière les claviers qui fait aussi office de choriste. Son recrutement a du être simplifié par le fait qu’il s’agit de la compagne du batteur.  Avec l’âge, pardon avec le temps qui passe, Skin ne saute plus autant qu’avant, ne se jette plus dans le public ou ne lui marche plus dessus et n’escalade plus le décor ou les balcons des salles de spectacle. Elle garde néanmoins cette présence indescriptible sur scène et surtout cette voix puissante et ensorcelante, même si elle nous a avoué avoir pris froid, ce que l’on a pu constater en toute fin de concert, avec une voix qui avait décidé de ne pas faire de rappel. Mais en grande diva qu’elle est, Skin a réussi à exploiter ce qui lui restait de cordes vocales pour emmener nos tympans et nos cœurs au nirvana musical.

Le blog Déclic Musique vous propose de visionner les Skunk Anansie dans leurs œuvres lors d’un concert en Pologne en 2019.

Retrouvez Skunk Anansie à l’espace Image et Son et sur le site de La Médiathèque de Levallois via musicMe (nouvelle fenêtre).

J’y étais : Youn Sun Nah en concert le 18 mars 2022

1 Avr

Organisé par l’association Jazz Au Confluent, le festival annuel Jazzenville de Conflans-Sainte-Honorine s’est déroulé du 12 au 20 mars 2022 avec une programmation musicale de qualité. A l’affiche, Manu Katche, Youn Sun Nah…

La diva coréenne, Youn Sun Nah était en concert le 18 mars dans le cadre de ce festival de jazz. Improvisatrice inégalable, dotée d’une fabuleuse technique vocale, la chanteuse Youn Sun Nah était accompagnée de ses musiciens :

  • Bred Christopher Jones à la contrebasse et à la guitare basse.
  • Thomas Naïm à la guitare acoustique et à la guitare électrique.
  • Tony Paeleman au piano, synthétiseur et Fender Rhodes.

Youn Sun Nah a interprété des chansons de son nouvel et onzième album, (tout en anglais) Walking World, mais aussi des chansons plus anciennes. Walking World (nouvelle fenêtre) est le premier album dont elle signe entièrement les paroles et les musiques, y dévoilant ses états d’âme. Un album qui a vu le jour pendant la période Covid : confinée en Corée loin de la France, où la jazzwoman a désormais ses attaches, elle a écrit son ressenti pour mettre des mots face aux maux.

Dès le début du concert, le public est séduit et transporté par la voie mélodieuse de la chanteuse. Youn Sun Nah n’hésite pas à mettre en valeur les musiciens qui l’accompagnent et à les remercier à plusieurs reprises de sa voix douce et enfantine. Ils se lancent chacun leur tour dans des improvisations instrumentales remarquables ! Les solos s’enchaînent pour le plus grand plaisir du public. Et bien sûr, la chanteuse nous offre de magiques moments d’improvisation vocale. Elle interprète une chanson en français, l’émouvante Avec le temps de Léo Férré.

Au cours d’une courte pause (le temps d’un morceau) bien méritée pour les musiciens, Youn Sun Nah emporte le public avec une version personnelle de You can’t hurry love, créée par les Suprems, accompagnée uniquement par le son cristallin d’une boîte à musique dont sort une bande de papier. La diva exprime en concert toute l’étendue de son art : frissons, vibrations, émotions sont au rendez-vous.

Youn Sun Nah, c’est une voix envoûtante, toute en délicatesse, du jazz vocal d’aujourd’hui, influencée par la pop, la folk et aussi les musiques du monde. Partagée entre Paris et Séoul depuis plusieurs années, et reconnue dans le monde entier, la chanteuse de jazz a étudié la musique et le chant en France.

La chanteuse nous a offert un concert exceptionnel ce soir ! Le public enthousiaste et émue se lève pour applaudir les artistes. On en ressort émerveillé par tant de beauté. Un grand merci à Youn Sun Nah et ses musiciens pour ce moment magique !

Vous pouvez retrouver les albums de Youn Sun Nah à La Médiathèque de Levallois :

Walking Word (2022)
Immersion (2020)
Lento
Lento (2013)

J’y étais : L.E.J en concert le 11 mars 2022

25 Mar

Les L.E.J se sont produites le 11 mars 2022 dans une petite salle de spectacle du Val d’Oise, où elles ont donné un concert dans une ambiance de folie.

L.E.J, c’est trois filles : Lucie, Elsa et Juliette. Trois amies d’enfance qui ont en commun la même passion : la musique.

Le 11 mars, elles ont interprété des chansons de leurs albums Poupées russes (2018) (nouvelle fenêtre) et Pas peur (2020) (nouvelle fenêtre). Avec ces deux albums, elles ont délaissé les reprises des tubes au profit d’un univers plus personnel et original. Elles sont simples, fraiches, drôles et dégagent une énergie qu’elles partagent avec le public. Leur complicité sur scène fait plaisir à voir et à écouter ! Elsa est la plus bavarde des trois : entre chaque chanson, elle s’amuse à raconter diverses anecdotes…

Lucie au saxophone et au chant, Elsa aux percussions et au chant, Juliette au violoncelle, à la basse et à la guitare, et aussi au chant. Les chansons s’enchainent et le public chante avec le trio. Puis, c’est le moment des morceaux plus calmes, plus lents… Une petite pause en apesanteur, un instant de grâce, l’émotion est palpable… Elles enchantent le public de leurs belles harmonies vocales. Et ça reprend sur un rythme plus soutenu avec la chanson Pas l’time,L.E.J font danser toute la salle sur une chorégraphie improvisée où tout le monde se serre les coudes !

Les « reines du mash-up », comme on les appelle, ont fait parler d’elles en 2015 avec leurs reprises de tubes internationaux revisités, Summer 2015. Elles obtiennent les Victoires de la Musique en 2017 (Révélation scène) par leurs reprises des tubes de l’été.

Pop, Hip-Hop, reggae, percussions… des influences nombreuses et variées font la richesse de la musique de L.E.J. On y trouve un mélange de rap, d’électro, de pop et de classique, avec des rythmes latinos, urbains, en passant par la chanson française. Les textes sont drôles, percutants et touchants.

Y’a pas à dire ! Les L.E.J ont du talent. Elles nous l’ont prouvé lors de ce concert, avec ce live vitaminé ! Ça fait du bien et le public en redemande.

Retrouvez L.E.J à l’espace Image et Son et sur le site de La Médiathèque de Levallois via musicMe (nouvelle fenêtre).

J’y étais : concert salle Gaveau le 14 février : AMIS EN MUSIQUE

25 Fév

Avec Lea Dessandre mezzo soprano, Théotime Langlois de Swarte violoniste, accompagnés par Thomas Dunford luthiste et theorbiste.

Trois amis, étoiles montantes de la scène musicale française, invitent le musicien qui les a fait se rencontrer, William Christie, qui incarne depuis des décennies l’esprit audacieux et en même temps rigoureux qui présida à la révolution baroque des années 70.

William Christie :

À la tête de ses Arts Florissants et, depuis 2002, du Jardin des Voix, Will a formé – et révélé – d’innombrables talents exceptionnels dont trois sont ici réunis. Lea Desandre, Théotime Langlois de Swarte et Thomas Dunford, trois amis en musique , rendent un hommage vibrant à celui auquel ils doivent tant.

À ses côtés, ils feront simplement de la musique, en toute complicité, dans ce répertoire français et anglais, que tous les quatre aiment tant.

Et le programme est alléchant et varié : la première partie surtout consacrée aux compositeurs anglais avec Henry Purcell (1659-1695), John Eccles (1668-1735), Nicolas Matteis (1650-1713), la deuxième partie plutôt française avec Marin Marais (1656-1728), Honoré d’Ambruis (1660-1702) des airs de cour de Michel Lambert (1610-1696) et François Couperin (1668-1733), Jean-Baptiste Senaillè (1687-1730) Marc-Antoine Charpentier (1643-1704). C’est l’occasion de découvrir des compositeurs français et anglais moins connus.

Le plaisir que ces musiciens hors pair ont a jouer ensemble est palpable et au début du morceau d’Henry Eccles A new division upon the ground bass of John and kiss me, le public est même invité à tenir la ligne de basse obstinée et la salle Gaveau sous le charme se prête à l’exercice avec plaisir !

A la fin, la salle applaudit à tout rompre et lors du premier rappel Lea Desandre enjoint tout le monde à reprendre le refrain d’Auprès du feu on fait l’amour une chanson de Marc-Antoine Charpentier, et le concert se termine en apothéose avec un deuxième rappel et Mes bergers sont tendres et fidèles de Michel Lambert ponctué par les aboiements des trois hommes et le public jubile !

Pour écouter Léa Desandre sur musicMe (nouvelle fenêtre)

Pour écouter Theotime Langlois de Swarte (nouvelle fenêtre)

Pour écouter Thomas Dunford (nouvelle fenêtre)

Et William Christie sur le site de La Philharmonie (nouvelle fenêtre)

Enfin si vous voulez en savoir plus sur le théorbe :
https://www.francemusique.fr/musique-baroque/le-theorbe-comment-ca-marche-avec-thibaut-roussel-98290(nouvelle fenêtre)

Un superbe concert placé sous le signe de la complicité et de la virtuosité.

J’y étais : Concert salle Gaveau le 24 janvier 2022. NATURE et TOURMENTS.

4 Fév

Ce soir le programme est particulièrement alléchant pour le public féru de musique baroque, avec des pièces chantées de Henry Purcell (1659-1695), Leonardo Vinci (1690-1730) – à ne pas confondre avec…- Georg Friedrich Händel (1685-1759), Antonio Vivaldi (1678-1741), et Nicola Porpora (1686-1768) en alternance avec des pièces instrumentales de Purcell, Vivaldi et Pietro Locatelli (1695-1764).

Au chant, Franco Fagioli, contre-ténor, au violon et à la direction, Andres Gabetta créateur du Gabetta Consort qui forme ce soir un ensemble de huit instrumentistes (violon, alto, contrebasse clavecin, théorbe et basson).

Franco Fagioli (né en Argentine en 1981) dont la tessiture vocale couvre trois octaves est l’un des plus grands (si ce n’est le plus grand) contre-ténors de notre époque, et le seul chanteur masculin capable d’affronter les airs des grands castrats sopranos tels que Farinelli, Caffarelli ou Carestini, excellent dans les ornementations propres à la musique de cette époque.

Il se livre ce soir à un exercice de haute voltige vocale avec sa virtuosité, sa sensibilité, sa grande expressivité, son vibrato constant et la salle est subjuguée.

Mais le mieux est encore de l’écouter….

Le public envoûté applaudit à tout rompre….et les rappels sont l’occasion d’écouter le virtuose dans des extraits d’Agrippina de Haendel (opéra seria créé à Venise en 1709) – l’opera seria est un opéra de tradition et de langue italienne pratiqué au XVIIIe siècle, son caractère est noble et « sérieux », ce qui l’oppose à l’opera buffa, de caractère comique et enjoué, héritier de la tradition de la commedia dell’arte -. L’opera seria fut très en vogue dans presque toute l’Europe pendant le XVIIIe siècle à l’exception notable de la France.

Pour écouter et réécouter Franco Fagioli :

A emprunter la Médiathèque Serse de Handel (nouvelle fenêtre)

Sur le site de La Philharmonie de Paris dans Lucio Silla de Mozart (nouvelle fenêtre)

Et sur la plateforme MusicMe (nouvelle fenêtre)

Ecouter Franco Fagioli donne encore plus envie de travailler son vibrato !

J’y étais : Kalaka à l’Institut hongrois de Paris

12 Nov

Véritable institution musicale en Hongrie, le groupe Kalaka (nouvelle fenêtre) a donné deux concerts à Paris le 24 septembre dernier.

Kalaka signifie entraide. C’est un mot originaire de Transylvanie qui désigne un travail en groupe bénévole et mutuel dans une communauté. Et c’est ce que font Daniel Gryllus, Balasz Radvanyi, Gabor Becze et Vilmos Gryllus depuis 1969, année de formation du groupe à Budapest. Ils utilisent de nombreux instruments, principalement à cordes ou à vent, dont des instruments typiques comme la clarinette hongroise, des percussions ou des sifflets.

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Kalaka compose des chansons aussi bien pour les enfants que pour les adultes. Les musiciens utilisent les contes traditionnels ainsi que les poèmes des grands écrivains hongrois et ils y adaptent les styles de musiques correspondant à la région. Ils touchent ainsi toutes les générations pour valoriser la culture et les coutumes de leur pays. Ils ont reçu de nombreux prix dont l’un des plus prestigieux en Hongrie, le Prix du Patrimoine Hongrois. Ils ont publié plus de 30 disques, une dizaine de livres-cd de contes pour la jeunesse et donné des concerts dans le monde entier. En décembre, ils ont prévu de donner à Budapest trois concerts sur le thème de Noël.

Le blog Déclic Musique vous propose un extrait de concert donné par Kalaka avec le guitariste hongrois Peter Huzella. Ils interprètent une balade du 19ème siècle de l’auteur Janos Arany qui s’intitule Les bardes de Walles.

Retrouvez Kalaka sur le site de La Médiathèque de Levallois avec notre partenaire musicMe (nouvelle fenêtre).

J’y étais….(enfin)..François Lazarevitch souffle Telemann et Van Eyck

5 Nov

Lundi 18 octobre au théâtre Grévin, le concert de François Lazarevitch qui devait se produire le 8 mars dernier a enfin eu lieu.

L’écouter sur un disque est une chose, c’est en boucle que j’ai apprécié Sonates et solo pour la flûte traversière de Bach (nouvelle fenêtre), mais la découverte du musicien sur une scène est un autre plaisir et pas des moindres.

Ce flutiste sobre et un tantinet austère s’est révélé être un hôte assez bavard qui nous a accueilli sur cette scène. Chaque instrument était introduit avec un petit couplet sur son origine, son nom et des informations sur les personnalités des compositeurs. J’ai découvert la cécité de Van Eyck qui était carillonneur de son métier à Utrecht, Pays-Bas. La passion de cet artiste pour la musique et les instruments était pur plaisir.

La découverte de la musette aussi a été une surprise. Une sorte de cornemuse sans laquelle on ne souffle pas, mais qui se joue en pressant la poche remplie d’air..

En plus du personnage, il y a le musicien, qui nous a présenté un répertoire très varié. De la pièce irlandaise, au morceau de musette au son étonnant, certains airs qui nous transportent et s’apparentent au chant d’un oiseau, le spectateur est envoûté. Et il y a le geste, le souffle et les doigts qui s’agitent à une vitesse vertigineuse dans une harmonie merveilleuse. François Lazarevitch est prodigieux. Il fallait le voir, je l’ai vu et je le reverrai.

Découvrez cet artiste à La Médiathèque de Levallois !(nouvelle fenêtre)

J’y étais : Laura Cox à la Salle Ravel

15 Oct

Enfin, Laura Cox a pu jouer avec son groupe sur la scène de la Salle Ravel du Conservatoire de Levallois.

Cette jeune femme de 30 automnes est en train de devenir à elle seule la représentante du Rock dans l’hexagone. Après avoir publié sur les réseaux sociaux ses vidéos de reprises des standards du Rock et réussi l’exploit d’avoir pratiquement un demi-million d’abonnés, elle a sauté le pas en 2017 pour créer un album avec ses propres compositions. Cela a donné Hard Blues Shot, composé de 10 titres qui n’avaient rien à envier aux maîtres du genre. Laura Cox (nouvelle fenêtre) maîtrise parfaitement toutes les techniques liées à la guitare électrique et elle a le Rock qui coule dans ses veines. C’est donc tout naturellement qu’on la retrouve sur scène avec son Band pour nous jouer les titres de son deuxième disque intitulé Burning Bright (nouvelle fenêtre).

La lumière s’éteint, les cymbales frissonnent, la basse gronde, la guitare rythmique résonne et après quelques accords Laura Cox arrive et électrise de sa Gibson le premier morceau du concert, le titre éponyme du premier album devenu sa signature d’entrée en scène. S’enchaîne une heure trente de Rock Sudiste fortement teinté de Blues. La chanteuse n’hésite pas à communiquer avec le public. Elle est contente de retrouver le public français après une tournée en Allemagne, des salles remplies et pas uniquement des concerts devant des caméras en raison de la pandémie comme lors de celui du Hellfest From Home (nouvelle fenêtre) même si nous sommes assis ce qui est assez frustrant pour un concert Rock. Laura Cox n’hésite pas à revisiter ses compositions, elle finit par un long solo de guitare énervée le titre Last Breakdown alors qu’il se termine calmement sur l’album et fait scander le refrain de Fire Fire par le public. Contrairement aux autres membres du groupe, Matthieu, Marie et Antonin, elle change plusieurs fois de guitare, utilisant différentes Gibson et une Fender sur le titre River plus Blues. Elle intègre toujours une reprise puisée dans son panthéon musical personnel, ce soir c’est Restless des Blackberry Smoke (nouvelle fenêtre). Nous aurons droit à deux rappels durant lesquels elle interprète notamment Freaking Out Loud que le blog Déclic Musique vous propose d’écouter ci-dessous.

Le moins que l’on puisse dire est que le Laura Cox Band nous aura offert un concert d’une grande qualité, des musiciens devenus de vrais pros et avec une complicité que l’on qualifiera de symbiose. Voir Laura Cox de près c’est se rendre compte de sa maîtrise de la guitare électrique et de son impressionnante technique qui fait d’elle notre Guitar Hero au féminin. Avec un grand cœur puisque ce concert est caritatif pour l’association Neurogel en marche qui récolte des fonds pour la recherche sur la paralysie (nouvelle fenêtre).

Retrouvez Laura Cox à l’espace Image et Son et en streaming sur le site de La Médiathèque de Levallois (nouvelle fenêtre).

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