J’y étais : Hellfest 2022

1 Juil

Jamais ce festival n’aura aussi bien porté son nom, entre la canicule, la chaleureuse ambiance des festivaliers et bien évidemment la programmation.

À la façon des péchés capitaux mais en changeant parfois leurs intitulés, je vais vous proposer ma sélection de groupes durant ce premier week-end du Hellfest, ne pouvant assister au deuxième, la France ayant besoin de son fonctionnaire dévoué.

En raison de la réputation fantasmée du Hellfest, je ne peux que commencer par un des vrai péché, la luxure avec Steel Panther. Ce groupe réellement Hollywoodien de Glam Metal formé en 1997 a deux particularités, ses textes dépassent rarement le niveau de la ceinture et les festivalières qui sont invitées à monter sur scène en laissant leurs habits à leurs copains dans le public. Le spectacle est donc garanti à la fois musicalement et visuellement. Le blog Déclic Musique vous propose un clip un peu plus sage.

Entre deux concerts, je déambule de scène en scène et la War Zone va me procurer cet agréable péché qu’est la surprise. Je connais cette musique mais je n’arrive pas à mettre un nom dessus, les effets de la canicule certainement. Je regarde sur le programme le nom du groupe, Rudeboy, non décidément cela ne me dit rien. Sauf que même au Hellfest, le diable se cache aussi dans les détails. Il est écrit en tout petit sous le nom du groupe : joue Urban Dance Squad. Ma mémoire se reconnecte aussitôt à ce fameux groupe néerlandais des années 90 avec leur fusion Rap/Metal digne de RATM. Rudeboy n’est autre que le nom de scène de leur chanteur et j’explose littéralement de joie de pouvoir assister à une prestation de ce fameux groupe. Souvenez-vous, UDS, Demagogue, formidable !

Continuons avec celui de la nostalgie, ce péché qui vous replonge dans votre passé. Je suis transporté en 1995 non plus à Clisson mais à l’Élysée Montmartre à Paris pour assister au premier concert français d’un groupe qui est passé de 15 000 ventes avec leur premier album Ignition à 8 millions à travers le monde pour leur second opus Smash. Mon billet pas électronique est décoré de la tête de mort de la pochette du disque sur lequel est inscrit en gros The Offspring. Presque 30 ans plus tard je me retrouve devant Dexter Holland et sa bande pour un bain de jouvence Punk. Pendant une heure je suis redevenu un kid.

Le miracle est-il péché, au Hellfest assurément tant il est jouissif. Pour rester dans l’univers du Punk américain, autant s’y jeter avec un de ses groupes fondateurs, aussi rare qu’important, Social Distortion. Avec eux pas de violences mais un Punk/Rock mélodique, profond et même mélancolique au service de leurs combats dont celui de la justice sociale. Une heure aussi belle que rare, assurément unique.

La repentance, à l’éternelle question Metallica ou Megadeth ? La réponse m’a toujours paru évidente, le premier. Dave Mustaine ayant été remercié de Metallica, il avait créé Megadeth par vengeance pour jouer plus rapide et plus fort. Sauf que ce soir j’ai pris une flagellation de riffs et une leçon de technique de cet instrument incroyablement complexe que peut-être une guitare électrique. Certes Dave, ressuscité d’un cancer de la gorge, n’a plus la puissance vocale de James Hetfield, mais il y a dans ses compositions une touche surnaturelle qui manque parfois à celles plus carrées de la concurrence. Mieux qu’un long discours, écouter le maître.

Un autre péché musical dans lequel il est bon de s’abandonner, la tentation. Impossible de passer une semaine sans écouter la voix de Cristina Scabbia du groupe Lacuna Coil. Alors inimaginable de ne pas assister au concert et aux envolées lyriques de cette voix du Metal Gothic. La sorcière est sur scène et on se laisse hypnotiser par cette voix et cette présence envoûtante. Je suis le conseil d’Oscar Wilde, je cède à la tentation.

La fidélité pourrait sembler être un péché puisque l’on est soit disant en enfer mais il y a bien une exception qui se nomme Doro. À l’âge ou ses compatriotes allemandes coulent souvent une paisible retraite, la chanteuse Doro Pesch est sacrée Queen of Metal ! Celle qui a chantée sur scène avec les plus grands, de Kilmister à Dio, nous offre son jubilé en décibels dans la plus pure tradition du Metal Classic. Le public ne se fait pas prier pour entonner, non pas God Save The Queen, mais We Are The Metalheads devenu hymne officiel de Wacken, l’autre grand festival européen de Metal.

Regarde les hommes tomber pourrait être à eux seul un péché mais je préfère leur adosser le mot de subjugation. Il y a une véritable symbiose entre leur musique, le chant guttural et la mise en lumière, on devrait plutôt dire mise en pénombre. C’est à la fois violent, profond ,introspectif et effrayant, comme si votre âme criait d’effroi mais au final tellement beau et puissant. À la limite d’une expérience occulte.

N’y a-t-il pas pire péché au Hellfest qu’une bénédiction. Il faut savoir rendre grâce à ces dieux sombres et obscurs que sont les groupes qui ont forgé le Metal dans l’histoire de la Musique. L’un des dernier encore à célébrer ses grandes messes à un nom prédestiné, Judas Priest. Le groupe mené par Rob Halford fête ses 50 ans de carrière et c’est peut-être la dernière fois que j’ai l’occasion de voir sur scène ceux qui ont débuté à Birmingham alors que je naissais. La boucle est bouclée, ite missa est !

Retrouvez le Hellfest et ces groupes à l’espace Image et Son ou sur le site de La Médiathèque de Levallois (nouvelle fenêtre).

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