Lee Scratch Perry

23 Mar

Jeudi 31 mars 2016, j’aurai la chance d’être dans la salle le MOULIN  à Marseille pour écouter un véritable dinosaure de la culture jamaïcaine. Une révolution musicale en trois noms : LEE SCRATCH PERRY.

Né en 1936 à Kendal, un village pauvre situé au Nord-Ouest de la Jamaïque, Rainford Hugh Perry, comme beaucoup de Jamaïcains de sa génération, travaille très tôt dans les champs (travail pénible qui est attribué surtout aux populations pauvres de Jamaïque, encore sous protectorat britannique). Ses revenus sont maigres et sa vie miséreuse. Il décide donc à l’âge de 15 ans de tenter sa chance ailleurs, et déménage plusieurs fois en 10 ans. Adepte des jeux d’argents très prisés sur l’île, il les finance en enchaînant divers petits boulots, notamment dans les plantations de canne à sucre, avant d’entreprendre son voyage pour la ville de Kingston. En 1950, cette ville connait une profonde transformation. Suite à un fort exode rural, la capitale accueille chaque jour de nouveaux habitants et son développement échappe au contrôle des autorités locales laissant ainsi les bidonvilles (les shanty towns) augmenter en superficie et en population. Kingston connait alors un phénomène de paupérisation des banlieues. C’est dans ce contexte que LSP arrive dans la capitale.

Influencé par les Sound-Systems (ces installations musicales à même la rue, composées généralement d’un générateur, de platines vinyles et de haut-parleurs) qui animent les quartiers pauvres de Kingston, c’est en 1969 que LSP sera propulsé sur la scène internationale avec son groupe The Upsetters . Producteur et compositeur d’un certain Robert Nesta Marley à ses débuts, Lee Scratch Perry possède très vite son propre studio d’enregistrement dans les années 60, ce qui lui permet de s’affranchir musicalement des studios majoritairement britanniques en diffusant et en produisant des styles de musiques locaux  comme le Mento, le Calypso, le Ska (musique traditionnelle des Caraïbes) et plus tard le reggae, à une époque où les producteurs de musique ne diffusent exclusivement que des morceaux de Rythme and Blues américains.

 Cet homme est le Salvador Dalí jamaïcain. (Extrait de Bass Culture de Lloyd Bradley)

Aujourd’hui âgé de 80 ans, tour-à-tour producteur, chanteur, danseur, compositeur, ingénieur du son, bricoleur de génie, porte-parole virulent et visionnaire, il reste un des rares artistes jamaïcains de sa génération encore en activité. Musicalement son  apport créatif est colossal, Lee Perry  est une figure emblématique de la musique expérimentale jamaïcaine, annonciateur du DUB, avec son imminence King Tubby ( genre musical issu du reggae jamaïcain ), il restera toute sa vie une source d’inspiration pour les générations d’artistes jamaïcains qui l’ont suivi.

Ps : Oreilles fragiles, n’oubliez pas vos protections auditives afin de profiter pleinement de votre concert !

Dubwise !

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